L'inculpation est lourde. Sept chefs : un de conspiration en vue de tuer des ressortissants americains, quatre de meurtre, deux de destruction d'aeronefs lies au shoot-down de deux Cessna de Brothers to the Rescue le 24 fevrier 1996 au-dessus du detroit de Floride (Washington Post, 20 mai). Quatre ressortissants americains ou residents permanents avaient ete tues. Raul Castro etait alors ministre de la Defense. C'est la premiere fois en 70+ ans qu'un ancien chef d'Etat cubain est inculpe criminellement par la justice federale americaine.
Le silence detonne par rapport au precedent venezuelien. En mars 2020, l'inculpation de Nicolas Maduro pour narcotrafic par un grand jury de New York avait declenche des reactions immediates : declaration commune AMLO-Lula condamnant l'ingerence judiciaire extraterritoriale, communique de l'UNASUR, debat parlementaire au Bresil. En mai 2026, le seuil equivalent n'est pas franchi. Claudia Sheinbaum, qui a critique publiquement Trump sur l'inculpation du gouverneur du Sinaloa du 2 mai, n'a pas porte de critique sur l'inculpation Castro. Lula, qui a recu Diaz-Canel a Brasilia en 2024, n'a publie qu'un communique generique d'Itamaraty.
Pekin et Moscou prolongent le silence. La Chine est le deuxieme partenaire commercial de Cuba apres le Venezuela. Global Times et Xinhua ont publie une depeche de 190 mots le 21 mai sans editorial. Moscou, qui a signe avec La Havane un accord strategique en novembre 2025 incluant la restructuration de la dette cubaine, n'a relaye l'information que via TASS en 220 mots, sans declaration du Kremlin.
La convergence -- quatre capitales identifiees comme principaux soutiens de Cuba -- prive l'inculpation Castro de son lecteur naturel. Le lecteur de Mexico, Brasilia, Pekin ou Moscou ne lit pas le precedent juridique pour les autres democraties latino-americaines -- Sheinbaum, Lula, Petro -- contre lesquelles le grand jury pourrait etre utilise demain.