L'appel serait le premier contact presidentiel direct entre Washington et Taipei depuis le 1er janvier 1979 -- date a laquelle l'administration Carter a transfere la reconnaissance diplomatique des Etats-Unis de la Republique de Chine vers la Republique populaire. Quarante-sept ans de norme sino-americaine fondee sur le Taiwan Relations Act et les trois communiques conjoints sont en jeu. Trump a accompagne l'annonce d'une reference a un contrat d'armement de 14 milliards de dollars (Reuters, DW, Politico, 17-20 mai), huit jours apres son sommet avec Xi Jinping a Pekin.
Le Japon abrite 54 000 militaires americains entre Okinawa, Yokosuka et Misawa. Un conflit dans le detroit de Taiwan engagerait mecaniquement les bases japonaises au titre du traite de securite de 1960. L'absence de commentaire editorial des trois titres japonais ce 20-21 mai indique un alignement avec le cabinet : ne rien dire avant clarifications diplomatiques. Le Mainichi n'a publie son editorial que le 22 mai -- 48 heures de retard sur le cycle occidental.
Pekin n'a pas commente. Global Times et Xinhua ont continue de couvrir le sommet du 12 mai dans une lecture lignes rouges respectees, sans mentionner l'appel Lai les 21 et 22 mai. Le porte-parole du ministere chinois des Affaires etrangeres a esquive la question. Les analystes occidentaux interpretent ce silence comme une desescalade tactique.
Moscou et New Delhi completent le quadrilatere. RIA Novosti et TASS, qui avaient amplement couvert le sommet Trump-Xi et la visite Poutine du 18 mai, n'ont pas relaye l'annonce Lai -- seule une depeche de 180 mots est parue sur Sputnik anglais. The Hindu et Times of India n'ont publie aucun editorial : New Delhi tient une ligne de neutralite stricte sur Taiwan depuis 2020 pour preserver ses canaux avec Pekin et Washington.
La convergence des silences contraste avec l'amplification a Washington, Paris, Rome et Seoul. Le lecteur de Tokyo, Pekin, Moscou ou New Delhi qui se contente de sa presse nationale ignore que la norme de 1979 est testee.