La mecanique de la penurie
Le kerosene (Jet A-1) est un distillat moyen du petrole brut, dans la meme gamme que le diesel. Quand le Brent depasse $120/baril, le kerosene suit avec un multiplicateur : le prix du Jet A-1 en Europe a atteint $1 050/tonne en W17 selon Platts, contre $780/tonne debut mars avant le debut du conflit. Mais le prix n'est pas le seul probleme. C'est la disponibilite physique.
Les raffineries europeennes dependent du brut du Moyen-Orient et de Russie. Les sanctions contre la Russie (2022) ont redirige les approvisionnements vers le brut americain, norvegien et africain. La fermeture d'Ormuz (mars 2026) a coupe une partie du brut du Golfe. Le resultat : les raffineries tournent en sous-capacite faute de matiere premiere adaptee. Les marges de raffinage (crack spreads) ont explose -- le kerosene est le produit le plus sous pression car les raffineurs privilegient le diesel, plus rentable et plus demande par les secteurs critiques (transport de marchandises, agriculture).
La France a annonce un mecanisme de subvention du kerosene pour Air France et les compagnies basees en France -- une mesure estimee a 800 millions EUR sur six mois. L'Allemagne n'a pas suivi. L'UE a active un plan d'urgence energetique sectoriel pour le transport aerien -- la premiere fois qu'un tel mecanisme est declenche depuis le choc petrolier de 1973.
L'Iran maintient la pression
Le meme jour, le 23 avril, l'Iran a saisi deux navires commerciaux dans le detroit d'Ormuz (voir notre analyse). Les saisies ont eu lieu alors qu'un cessez-le-feu naval etait cense etre en vigueur. Trump a perdu son chef de la Navy (Secretary of the Navy) le meme jour -- une demission que les medias americains cadrent comme un desaccord sur la gestion du conflit, et que les medias iraniens (Press TV) presentent comme une preuve de dysfonctionnement au sein du commandement.