Le dimanche 24 mai 2026, une voiture piégée actionnée par un kamikaze a frappé un train au passage à niveau de Chaman Phatak, à Quetta, dans la province pakistanaise du Baloutchistan. L'explosion a provoqué le déraillement et l'embrasement de plusieurs wagons, faisant de nombreux morts et blessés parmi les passagers et les riverains. Les autorités provinciales ont qualifié l'acte de terroriste et déclaré l'état d'urgence dans les hôpitaux de la ville.
L'attentat s'inscrit dans un conflit ancien. Le Baloutchistan, province la plus vaste mais la moins développée du pays, est depuis des décennies le théâtre d'une insurrection séparatiste et d'attaques récurrentes contre les infrastructures et les forces de sécurité. La région concentre d'importantes ressources naturelles (gaz, minéraux) et abrite des axes du corridor économique sino-pakistanais, régulièrement visés par des factions armées qui dénoncent une redistribution jugée insuffisante des richesses locales.
Plusieurs points restent disputés. Le bilan diffère selon les acteurs : les autorités provinciales font état d'au moins 14 morts et 20 blessés, tandis que des sources internationales avancent un total nettement plus élevé. La revendication attribuée à un groupe séparatiste est mentionnée par les acteurs étrangers mais n'est pas rapportée par les autorités pakistanaises. La nature de la cible est elle aussi débattue : présentée comme un train-navette civil par les autorités, elle est décrite ailleurs comme un convoi transportant surtout des militaires et leurs familles.
Enfin, la part du contexte régional varie selon les lectures. Certains acteurs relient l'instabilité à la porosité de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, là où d'autres s'en tiennent au seul cadre sécuritaire interne. Le Pakistan, puissance nucléaire voisine de l'Afghanistan, de l'Iran et de l'Inde, voit sa stabilité intérieure scrutée par les grandes puissances, chacune y projetant ses propres intérêts.