ANGLE DOMINANT
Berne constate la reconduction des partis nationalistes en Bosnie-Herzégovine, dans un scrutin que la participation record au plus bas et le désenchantement de la jeunesse privent d'élan de changement.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La participation a atteint 41,5 %, un record de faiblesse, soit dix points de moins qu'en 2022 (SRF, d'après la Commission électorale centrale).
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Zeljka Cvijanovic (SNSD) l'emporte avec 55,6 % pour le siège serbe ; Denis Becirovic garde le siège bosniaque avec 38,1 % ; Darijana Filipovic (HDZ BiH) prend le siège croate avec 48,2 %.
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Milorad Dodik a déclaré que sans la victoire de Donald Trump, son camp serait « des cadavres politiques », et a remercié Vladimir Poutine (Le Temps).
ANALYSE
Berne, 5 octobre 2026. Les élections générales de dimanche 4 octobre en Bosnie-Herzégovine confirment, pour la presse suisse, la solidité des partis nationalistes. SRF titre sur des « forces nationalistes » qui « restent fortes » et note que, selon la Commission électorale centrale (CIK), sur la base de plus de 90 % des bureaux dépouillés, « les changements sont à peine perceptibles ».
La participation atteint 41,5 %, un plus bas historique, soit dix points de moins qu'en 2022 selon SRF. Le Temps parle d'élections « marquées par une forte baisse du taux de participation », dans un « millefeuille institutionnel » issu de l'accord de paix de 1995 qui répartit le pouvoir entre Bosniaques, Croates et Serbes pour quelque 3,4 millions d'électeurs.
Le quotidien romand s'attache à la figure de Milorad Dodik, qualifié d'« ancien dirigeant pro-russe » de l'entité serbe. Il rapporte sa déclaration à Banja Luka : « Si la magnifique victoire de Donald Trump n'avait pas eu lieu, nous serions probablement des cadavres politiques aujourd'hui. » Dodik a aussi remercié Vladimir Poutine. Le Temps rappelle qu'il a été démis en 2025 pour non-respect de l'autorité du Haut représentant et frappé d'une interdiction de six ans, mais qu'il reste aux manettes grâce à son parti, le SNSD. Il précise que ce dernier a mené campagne pour une plus grande autonomie et une rhétorique sécessionniste.
SRF détaille la présidence tripartite. La Serbe Zeljka Cvijanovic, du SNSD, l'emporte avec 55,6 % contre Marinko Bozovic (26,8 %). Le social-démocrate bosniaque Denis Becirovic obtient 38,1 % face à Bakir Izetbegovic (34 %). La nationaliste croate Darijana Filipovic, du HDZ BiH, gagne avec 48,2 % contre le social-démocrate Slaven Kovacevic (28,8 %) et succède à Zeljko Komsic, non nationaliste, qui ne se représentait pas.
La chaîne alémanique rappelle le poids de l'histoire : la guerre de 1992 à 1995 a fait des dizaines de milliers de morts et plus de deux millions de déplacés. Un second reportage, depuis Sarajevo, donne la parole à une jeune femme, « Alma », dont le père, fidèle d'un des trois grands partis ethno-nationalistes, lui a fait proposer un poste par un ministère. Elle y voit le signe d'une corruption répandue ; la Bosnie occupe la 109e place de l'indice de Transparency International. Le marché du travail est « asséché » pour les jeunes, qui perdent l'espoir d'un changement.
