ANGLE DOMINANT
Paris mesure la portée du tiers de sanctions supplémentaire annoncé par Kaja Kallas, entre soutien de principe à la ligne de Bruxelles et rappel des tensions internes qui ont déjà allégé le précédent train de mesures.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Kaja Kallas, dans Die Welt du 17 août : « Pour cet automne, je propose la liste de sanctions la plus ambitieuse depuis le début de la guerre », soit un tiers d'entités russes sanctionnées en plus
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L'UE a déjà adopté 21 trains de sanctions depuis février 2022, visant près de 3 000 personnes et entités selon la Commission européenne, pour un coût estimé à plus de 1 000 milliards d'euros pour la Russie
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Le train de sanctions de fin juillet, qui prolonge d'un an le plafond du prix du pétrole russe à 44 dollars le baril, avait dû être allégé pour lever les réticences de la Grèce sur le gaz naturel liquéfié
ANALYSE
Paris, 18 août 2026. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, a choisi le quotidien allemand Die Welt, dans son édition du 17 août, pour dévoiler le calibre du prochain paquet de sanctions contre la Russie. « Pour cet automne, je propose la liste de sanctions la plus ambitieuse depuis le début de la guerre », a-t-elle affirmé, précisant qu'une fois adoptées, ces mesures « augmenteraient immédiatement d'un tiers le nombre total d'entités russes sanctionnées ». Depuis février 2022, l'Union européenne a déjà adopté 21 trains de sanctions, qui visent aujourd'hui près de 3 000 personnes et entités selon la Commission européenne. Kaja Kallas assure que ce dispositif a « déjà coûté très cher à la Russie », en privant sa « machine de guerre » de plus de 1 000 milliards d'euros.
Ce futur paquet doit succéder à celui adopté fin juillet, qui prolonge d'un an le plafonnement du prix du pétrole russe exporté à 44 dollars le baril. Ce précédent train de sanctions, fruit de semaines de négociations, avait dû être allégé par rapport au projet initial de Bruxelles : il a fallu lever les réticences de la Grèce sur le gaz naturel liquéfié, Athènes réclamant que ses entreprises puissent continuer d'en transporter vers des clients situés hors d'Europe. Un compromis a finalement autorisé ces transferts par dérogation pour les contrats conclus avant une date butoir, illustrant la difficulté récurrente à faire tenir ensemble les Vingt-Sept sur ce dossier sensible.
L'annonce intervient alors que le conflit reste d'une intensité soutenue sur le terrain : au moins 19 morts ont été recensés dimanche dans des frappes croisées en Russie et en Ukraine, à Kiev où un marché du livre a été détruit, et dans la région russe de Rostov où une vague de drones ukrainiens a fait cinq victimes. C'est dans ce contexte de guerre d'attrition prolongée que la diplomate européenne cherche à démontrer que la pression économique reste un levier crédible, un tiers d'entités supplémentaires marquant, sur le papier, l'accélération la plus nette du dispositif depuis son lancement.
