Fin mai 2026, une vague de chaleur exceptionnelle a frappé plusieurs pays européens simultanément, établissant des records absolus de température pour le mois de mai : 35,1°C à Kew Gardens au Royaume-Uni, 40,3°C à Mora au Portugal et 37,8°C à Angoulême en France. Des décès directement ou indirectement liés à la chaleur ont été enregistrés, la France confirmant au moins 7 victimes, et des noyades ont été signalées au Royaume-Uni comme en France.
L'épisode a mis en lumière des vulnérabilités structurelles : réseaux hydriques sous pression au Royaume-Uni, réseaux électriques tendus en Suède et en Belgique, et systèmes d'alerte sanitaire activés au niveau maximum en Italie. Les agences météorologiques consultées — Copernicus, l'Organisation météorologique mondiale et le Met Office — attribuent sans ambiguïté cet épisode au changement climatique, jugeant qu'il aurait été quasi impossible dans un climat non perturbé.
Le contexte donne à l'événement une portée plus large. Un rapport conjoint projette une probabilité de 91 % que le seuil de 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels soit temporairement franchi au moins une fois entre 2026 et 2030, 2027 étant identifiée comme année particulièrement à risque avec le retour d'El Niño. La convergence des extrêmes entre Europe du Nord et du Sud remet en question la carte des vulnérabilités établie depuis 2003 et pousse des pays jusque-là épargnés à réévaluer leurs infrastructures.
Plusieurs lectures coexistent. Certains acteurs cadrent la canicule avant tout comme un choc économique chiffrable à long terme, tandis que d'autres y voient le révélateur d'un retard des politiques d'adaptation. Le périmètre du risque fait aussi débat : pays nordiques et observateurs extra-européens soulignent que le phénomène dépasse le bassin méditerranéen, là où d'autres le cadrent comme une crise de première ligne du sud du continent. Le degré de certitude sur certaines projections scientifiques reste enfin discuté entre acteurs.