ANGLE DOMINANT
Lima mesure dans le second décret colombien la confirmation qu'une crise sismique a basculé en crise structurelle, tout en relevant la contribution du Pérou à l'aide internationale envoyée à Bogotá.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le décret déclare l'état d'urgence économique, sociale et écologique dans 15 départements pour 30 jours, permettant à l'exécutif de légiférer par décrets.
- 02
L'Institut de médecine légale colombien a reçu et identifié 319 corps, contre les 314 morts annoncés par le président De la Espriella.
- 03
Le Pérou figure parmi la dizaine de pays ayant contribué aux 640 tonnes d'aide humanitaire internationale déjà réceptionnées par la Colombie.
ANALYSE
Lima mesure la portée du second décret pris par le président colombien Abelardo de la Espriella comme la confirmation que le séisme du 10 août a dépassé le strict cadre humanitaire pour devenir une crise structurelle. Publié par le Dapre, le décret proclame l'état d'urgence économique, sociale et écologique dans quinze départements pour trente jours, mécanisme destiné, selon le texte, à « conjurer la crise et éviter l'extension de ses effets ». Durant cette période, l'exécutif colombien pourra légiférer par décrets pour mobiliser des fonds nationaux et internationaux et engager les opérations budgétaires nécessaires à la reconstruction.
La presse péruvienne retient d'abord l'écart persistant entre les chiffres officiels. Le bilan présenté mercredi midi par De la Espriella fait état de 314 morts, mais l'Institut de médecine légale colombien affirme avoir reçu et identifié 319 corps. Le séisme de magnitude 7,4 a touché 471 municipalités, laissant 262 154 sinistrés répartis en 147 464 familles, 4 437 blessés et 262 disparus. Les dégâts matériels sont considérables : 30 664 habitations détruites, 136 946 endommagées, 302 bâtiments effondrés et 5 809 immeubles présentant des dommages structurels.
Un angle retient particulièrement l'attention à Lima : le Pérou figure parmi la dizaine de pays — aux côtés des États-Unis, du Mexique, de l'Équateur, du Chili, d'Israël, de l'Inde ou de l'Espagne — dont l'aide a contribué aux 640 tonnes déjà réceptionnées par la Direction colombienne des impôts et douanes (DIAN), qui a mobilisé plus de 2 000 fonctionnaires pour accélérer le dédouanement. Une partie de cette assistance arrive directement dans le Chocó, département de l'épicentre à San José del Palmar, dont la capitale Quibdó a également été frappée.
Les médias péruviens rapportent aussi la création annoncée d'un « fonds miracle », destiné selon De la Espriella à financer la reconstruction des hôpitaux, écoles, routes et aéroports endommagés — présenté comme le plus large mécanisme jamais déployé pour une catastrophe naturelle en Colombie ce siècle. Le Pérou, situé sur une zone de forte activité sismique andine comparable, suit ce dossier avec un intérêt renforcé : le Servicio Geológico Colombiano continue de surveiller les répliques, rappelant que la région reste exposée à de nouveaux mouvements telluriques.
SOURCES (2)
- GestiónMOYEN
- RPP NoticiasMOYEN
