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La fermeture du détroit d'Ormuz, passage maritime large de seulement 33 kilomètres par lequel transite une part majeure de l'approvisionnement énergétique mondial, a déclenché en mars 2026 ce que les acteurs concernés décrivent comme la plus grave crise énergétique depuis les années 1970. Les pays importateurs nets d'énergie en Asie sont les plus durement frappés. Les Philippines, premières à déclarer l'état d'urgence national, n'auraient plus qu'environ 45 jours de carburant, tandis que le Japon, la Corée du Sud et l'Inde adoptent des mesures d'austérité énergétique.
Sur les marchés, le baril de Brent évolue entre 120 et 126 dollars, un niveau qui fait craindre une récession mondiale si le blocage se prolonge. Au-delà du choc immédiat, l'épisode met en lumière une vulnérabilité structurelle longtemps sous-estimée : la dépendance des économies à un petit nombre de routes maritimes pour leur énergie.
Le contexte éclaire l'ampleur de la secousse. Après la crise du gaz russe de 2022, l'Europe avait engagé une diversification de ses sources ; l'Asie, elle, s'est retrouvée largement sans filet. La crise accélère plusieurs tendances de fond : la recherche de routes terrestres alternatives comme les pipelines sino-russes ou TurkStream, la consolidation des alliances dans l'Indo-Pacifique, et la montée d'un non-alignement énergétique porté par l'Inde et plusieurs pays du Global South.
Le diagnostic des faits diverge nettement selon les acteurs. Certains gouvernements attribuent la crise à la fermeture du détroit elle-même, d'autres à la guerre régionale qui l'a précédée. Les remèdes proposés s'opposent aussi : sécurisation militaire du passage pour les uns, routes de contournement et voie diplomatique pour les autres. La gestion des réserves stratégiques varie également, certains États les libérant, d'autres préférant les conserver.
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