L'escalade entre Cuba et les États-Unis a franchi un nouveau seuil en mai 2026. Le président cubain Miguel Díaz-Canel a publié sur X un avertissement explicite, affirmant qu'une attaque militaire américaine contre l'île « provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables ». Au même moment, le Trésor américain a imposé de nouvelles sanctions visant la principale agence de renseignement cubaine ainsi que plusieurs hauts responsables civils et militaires.
Ces mesures s'ajoutent à un blocus pétrolier américain en vigueur depuis janvier 2026, qui a déclenché une crise énergétique grave sur l'île : coupures d'électricité quotidiennes prolongées et pénurie de carburant reconnue par le gouvernement cubain. Quelques jours avant cette escalade, le directeur de la CIA John Ratcliffe s'était rendu à La Havane pour des réunions avec les services de renseignement cubains. La Havane revendique le droit à la légitime défense au titre de la Charte des Nations unies, tout en affirmant ne représenter aucune menace agressive envers Washington.
Le contexte est celui d'une stratégie de pression maximale combinant blocus, sanctions ciblées et rhétorique de changement de régime. Affaiblie par la perte de l'approvisionnement pétrolier vénézuélien, l'économie cubaine traverse sa vulnérabilité la plus aiguë depuis la chute de l'URSS, tandis que des acteurs régionaux maintiennent des canaux humanitaires ouverts.
Plusieurs points restent disputés ou incertains. L'acquisition présumée de 300 drones militaires auprès de la Russie et de l'Iran, attribuée à des sources du renseignement américain, est mise en avant par certains acteurs et absente du récit d'autres. La préparation d'un acte d'accusation contre Raúl Castro, liée à la destruction d'avions civils en 1996, divise également : traitée comme un fait majeur par les uns, ignorée par les autres. Le différend porte enfin sur le cadrage lui-même, entre lecture humanitaire d'une crise interne et lecture sécuritaire centrée sur la menace militaire.