Une nouvelle flambée d'Ebola a été confirmée dans la province de l'Ituri, en République démocratique du Congo. Au 16 mai 2026, les autorités font état d'au moins 246 cas suspects et de 80 décès, un bilan porté à 88 morts dans la journée selon l'Africa CDC. La souche en cause, identifiée comme Bundibugyo par l'Institut national de recherche biomédicale de Kinshasa sur huit des treize échantillons analysés, ne dispose à ce jour d'aucun vaccin ni traitement spécifique homologué.
La maladie a franchi les frontières : un ressortissant congolais de 59 ans est décédé à Kampala, en Ouganda, premier cas mortel confirmé hors du territoire congolais depuis le début de cette épidémie. En réponse, l'OMS a débloqué 500 000 dollars de son fonds de contingence et dépêché des équipes sur place, tandis que l'Africa CDC a convoqué une réunion d'urgence réunissant la RDC, l'Ouganda, le Soudan du Sud et leurs partenaires.
Cette dix-septième épidémie d'Ebola en RDC depuis 1976 survient sur un terrain fragile. L'Ituri, sous régime militaire depuis 2021, connaît la présence de groupes armés actifs, une infrastructure sanitaire sous-dimensionnée et d'intenses flux de population liés à l'orpaillage artisanal. Ces conflits et ces déplacements sont largement reconnus comme des facteurs aggravant la riposte sanitaire, et le débordement vers l'Ouganda rappelle la perméabilité des frontières déjà éprouvée lors de l'épidémie de 2018-2020.
Les lectures de la crise divergent. Certains acteurs insistent sur la létalité élevée et l'absence de vaccin, d'autres adoptent un registre plus factuel. Un point reste disputé : la part jouée par les récentes réductions de financements humanitaires, présentées par une partie des observateurs comme un facteur affaiblissant la détection précoce, mais peu reprise ailleurs.