Vers le 24 mai 2026, la flambée d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo dépasse 900 cas suspects, dont plus de 100 confirmés en laboratoire selon l'OMS et le ministère congolais de la Santé. Il s'agit de la dix-septième épidémie recensée dans le pays. Le 22 mai, l'OMS a relevé son niveau d'alerte national à « très élevé », signalant un risque dépassant les capacités de réponse locales.
La souche en cause, le virus Bundibugyo, ne dispose d'aucun vaccin approuvé ni d'aucun traitement homologué. La riposte repose donc uniquement sur l'isolement des malades et le traçage des contacts. Or ce traçage est gravement entravé : dans la province de l'Ituri, épicentre de la flambée, des centres de traitement ont été incendiés et des soignants ont dû fuir. L'épidémie a par ailleurs franchi la frontière ougandaise, conduisant l'Africa CDC à placer dix pays africains supplémentaires sous alerte transfrontalière.
Ce contexte sanitaire s'inscrit dans une région fragilisée par des décennies de conflits armés, où de nombreux groupes se disputent des territoires riches en minerais. L'Ituri concentre des déplacements massifs de population et un effondrement des structures administratives locales, tandis que la méfiance communautaire envers les institutions complique toute riposte conventionnelle.
Plusieurs points restent disputés entre acteurs. Le poids des réductions de l'aide humanitaire internationale est présenté par certains comme une cause centrale de l'affaiblissement sanitaire, tandis que d'autres ne l'évoquent qu'à la marge. Le rôle des groupes armés régionaux dans la dégradation des soins est souligné par les uns, absent du récit des autres. Reste enfin l'incertitude sur le délai de détection : les premières infections probables remonteraient à fin mars, plusieurs semaines avant la confirmation officielle du 15 mai.