ANGLE DOMINANT
Berne mesure le pari électoral d'un Pedro Sánchez en position de faiblesse : la presse suisse y voit un va-tout adossé à la crise du logement, avec en toile de fond une possible coalition PP-Vox.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Pedro Sánchez a convoqué des législatives anticipées le dimanche 29 novembre, au lieu de la mi-2027.
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Les décrets logement ont échoué vendredi 2 octobre face au PP, à Vox et à Junts, selon SRF.
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Selon SRF, presque tous les sondages donnent au PP et à Vox environ 200 des 350 sièges.
ANALYSE
Berne, 6 octobre 2026. Lundi 5 octobre, Pedro Sánchez a annoncé depuis le palais de la Moncloa la dissolution des chambres et des législatives le dimanche 29 novembre, alors qu'elles étaient attendues à la mi-2027. Le Temps rapporte son aveu : « Je sais que nous avons commis des erreurs », et son appel à « une majorité progressiste beaucoup plus ample ».
Le déclencheur est l'échec, vendredi 2 octobre, de décrets sur le logement. SRF souligne qu'ils ont été rejetés par le Parti populaire, Vox et Junts, « pas par les partis de gauche », et que Sánchez entend en faire un argument de campagne. Le Temps place au centre l'expulsion de Maricarmen Abascal, 87 ans, d'un appartement occupé depuis sept décennies et racheté par une société d'investissement qui voulait relever le loyer de 275 %. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi. SRF, qui lui prête 78 ans, y voit une pression de la rue devenue trop forte.
Le quotidien alémanique insiste sur le risque. Selon presque tous les sondages, le PP et Vox obtiendraient une solide majorité d'environ 200 des 350 sièges. SRF note qu'il n'existe pas en Espagne de pare-feu comparable à celui dressé en Allemagne face à l'AfD, et que le PP gouverne déjà avec Vox dans quatre régions autonomes. Sánchez a lancé : l'Espagne doit choisir entre rejoindre la « vague d'extrême droite » et rester un « bastion de la justice sociale ».
Les deux médias décrivent un joueur aux abois. Le Temps parle d'un « va-tout », au milieu d'une crise migratoire sans précédent à Ceuta et de scandales de corruption touchant des proches, et rappelle le précédent de juillet 2023, où il avait consolidé sa coalition malgré une droite conquérante. L'analyste Fernando Berlin y voit un dirigeant « fidèle à sa légende de résistant à toute épreuve ». SRF le surnomme « Polit-Stehaufmännchen » et titre sur sa « dernière chance » : sa minorité PSOE-Sumar n'a plus de majorité depuis que Junts a rejoint l'opposition il y a près d'un an, le dernier budget régulier date de 2023, et la croissance économique lui profite peu. Le Temps précise que l'initiative était attendue et qu'elle répond à la recommandation de ses ministres et de nombreux barons socialistes, formulée tout au long du week-end.
