ANGLE DOMINANT
Pékin met en doute l'ampleur réelle des frappes américaines en Iran et appelle à la désescalade, tout en surveillant de près les risques pour ses approvisionnements énergétiques via le détroit d'Ormuz.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les frappes américaines de mercredi ont visé des dizaines de cibles des Gardiens de la révolution iraniens, dont des centres de commandement et des installations de missiles, touchant Abadan, Shadegan, Arvandkenar, Ahvaz et l'île de Qeshm, selon l'agence IRNA citée par le SCMP.
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Des chercheurs chinois, dans une lettre publiée le 7 juillet dans la revue The Innovation, estiment que l'ampleur des destructions dépasse les versions minimisées présentées par Washington, tout en jugeant "possiblement exagérées" les revendications iraniennes.
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Oman a proposé à l'Iran un plan soutenu par les États du Golfe instaurant des redevances volontaires pour l'usage du détroit d'Ormuz, par où transitait environ un cinquième du pétrole et du GNL mondiaux avant le conflit.
ANALYSE
Pékin, 30 juillet 2026. Les nouvelles frappes américaines contre des dizaines de cibles des Gardiens de la révolution iraniens - centres de commandement, sites de missiles et de drones, installations de surveillance côtière - relancent chez les commentateurs chinois l'inquiétude d'un embrasement régional incontrôlé, cinq mois après le début du conflit. Le Pentagone a présenté cette offensive, menée mercredi soir, comme une "réponse à des tentatives d'attaques iraniennes contre les forces américaines" ; l'agence iranienne IRNA a fait état de frappes touchant plusieurs villes du Khouzestan - Abadan, Shadegan, Arvandkenar, Ahvaz - ainsi que l'île de Qeshm, rapporte le South China Morning Post.
Pour la diplomatie chinoise, ce nouvel épisode illustre les dérives d'une politique américaine jugée unilatérale, qui aggrave l'instabilité au Proche-Orient sans offrir d'issue négociée. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a par ailleurs condamné, dans un communiqué relayé par CGTN, une nouvelle vague de violences en Cisjordanie - dont des attaques incendiaires contre deux mosquées -, appelant "toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue" pour éviter une escalade supplémentaire ; un appel dans lequel Pékin retrouve les termes de sa propre ligne diplomatique.
Sur le plan scientifique, des chercheurs chinois ont publié dans la revue The Innovation une analyse d'images satellite qui relativise les versions officielles du conflit : "l'ampleur des destructions observées dépasse les qualifications de dégâts minimes ou de défense réussie généralement avancées dans les points de presse américains", tout en jugeant "possiblement exagérées" les revendications iraniennes de frappes massives, rapporte le SCMP. L'étude souligne aussi que Washington a imposé, dès avril, un contrôle des prises de vue aux fournisseurs commerciaux d'imagerie satellite comme Planet Labs sur les zones de conflit.
Autre dossier suivi de près à Pékin : le détroit d'Ormuz, par où transitait environ un cinquième du pétrole et du GNL mondiaux avant la guerre. Oman a soumis à Téhéran un plan soutenu par les monarchies du Golfe instaurant des redevances volontaires, sur le modèle du détroit de Malacca, en Asie - une comparaison qui souligne combien Pékin se sent directement concerné par la sécurité de ce couloir énergétique.
