ANGLE DOMINANT
Islamabad chiffre le prix économique de la pause : inflation, pétrole et rôle de médiateur du « Mémorandum d'Islamabad » sont en jeu à chaque nuit de calme respectée entre Washington et Téhéran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'inflation pakistanaise avait reflué à 11,1 % en juin (contre un pic de 11,7 % en mai), portée en amont par une hausse de 36,8 % des coûts de transport liée au conflit (Geo News).
- 02
Le porte-parole de l'armée iranienne Mohammad Akraminia confirme l'arrêt des frappes de riposte après deux nuits sans frappes américaines (Dawn, ARY News).
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Un rapport relayé par ARY News évoque une initiative pakistanaise, appuyée par la Chine, pour relancer les pourparlers américano-iraniens.
ANALYSE
Islamabad, 28 juillet 2026. Pour le Pakistan, la pause observée depuis deux nuits entre Washington et Téhéran n'est pas qu'une trêve lointaine : elle se lit directement sur les étals et dans les statistiques d'inflation. Selon Geo News, l'accord intérimaire connu comme le « Mémorandum d'Islamabad », négocié par le Pakistan lui-même pour suspendre la guerre et rouvrir le détroit d'Ormuz, avait permis à l'inflation nationale de refluer à 11,1 % sur un an fin juin, contre un pic de 11,7 % en mai — un choc alimenté par une envolée de 36,8 % des coûts de transport liée au conflit. Le pays avait même enregistré une légère déflation mensuelle de 0,3 %. Avec la reprise des hostilités puis cette nouvelle pause, ce répit reste fragile : le baril, remonté au-dessus de 100 dollars la semaine dernière selon l'AFP citée par ARY News, a de nouveau reculé lundi, porté par l'espoir d'un retour au cessez-le-feu et à des négociations sur la réouverture du détroit d'Ormuz.
Sur le plan diplomatique, la presse pakistanaise relaie les déclarations du porte-parole de l'armée iranienne, Mohammad Akraminia, citées par Dawn et ARY News : « Ces attaques se sont poursuivies jusqu'à il y a deux nuits, mais depuis, les Américains ont arrêté leurs frappes. » Il précise que Téhéran, dont la stratégie « est essentiellement de riposte », a donc suspendu ses propres opérations. The Express Tribune rapporte, citant Reuters, que la position iranienne reste conditionnelle : « attaque pour attaque » — si Washington arrête, Téhéran arrête aussi.
Autre élément suivi de près à Islamabad : selon ARY News, un rapport évoque un Pakistan cherchant à relancer les pourparlers américano-iraniens, dans le cadre d'une initiative « poussée par la Chine ». Ce rôle de médiateur, hérité du Mémorandum d'Islamabad, place le pays dans une position inhabituelle — à la fois exposé à la flambée pétrolière et acteur revendiqué de la désescalade. Les médias locaux notent aussi que la pause américaine tiendrait moins à un geste de bonne volonté qu'à l'épuisement des stocks de munitions et d'intercepteurs Patriot, selon des sources citées par Dawn et The Express Tribune, tandis que Donald Trump évoque toujours la possibilité de frappes « à un niveau bien supérieur ».
SOURCES (4)
- The Express TribuneMOYEN
- ARY NewsMOYEN
