ANGLE DOMINANT
Islamabad jauge le verdict du FMI à l'aune de sa propre trajectoire : une croissance de 3,5 % en 2026-27, sous la cible gouvernementale de 4 %, et un ministre des Finances qui promet de poursuivre les réformes.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le FMI prévoit 3,1 % de croissance mondiale en 2026 et 3,4 % en 2027, en supposant la réouverture du détroit d'Ormuz d'ici mars (Express Tribune).
- 02
Pour le Pakistan, le FMI projette 3,5 % de croissance en 2026-27, sous la cible de 4 % du gouvernement, avec une inflation de 9,9 % (Daily Times).
- 03
Muhammad Aurangzeb a réaffirmé à Bangkok l'engagement du Pakistan envers les réformes fiscales, énergétiques, des entreprises publiques et des retraites (Business Recorder).
ANALYSE
Islamabad, 14 octobre 2026. Les médias pakistanais couvrent les Perspectives de l'économie mondiale, publiées mardi 13 octobre à Bangkok pendant les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, sous deux angles : le risque mondial, puis la facture nationale.
L'Express Tribune détaille les périls. Le Fonds prévoit une croissance de 3,1 % en 2026, contre 3,0 % en juillet, puis de 3,4 % en 2027, hypothèse qui suppose une réouverture du détroit d'Ormuz d'ici mars. Une guerre plus longue, avec un pétrole au-dessus de 130 dollars jusqu'au premier trimestre 2027, retrancherait un demi-point de croissance l'an prochain. Le quotidien reprend la formule de Kristalina Georgieva : une économie « debout sur une jambe, la jambe de l'IA ». Un effondrement des investissements dans l'IA réduirait le PIB mondial de 1,1 % d'ici 2028. Il souligne aussi l'avertissement du FMI aux pays pauvres frappés par le choc énergétique de la guerre avec l'Iran : ils pourraient devoir réduire leurs dépenses ou restructurer leur dette.
Le Daily Times descend à l'échelle du pays. Le FMI table sur une croissance pakistanaise de 3,5 % pour l'exercice 2026-27, en dessous de la cible de 4 % du gouvernement et des 3,8 % de la Banque mondiale. L'inflation grimperait de 7,1 % à 9,9 %, et le compte courant passerait d'un excédent à un déficit de 1 % du PIB. Le journal note que le chômage devrait pourtant reculer à 6,5 %, sans que le rapport explique cette amélioration.
Business Recorder prolonge le message budgétaire. Rodrigo Valdes, du département des affaires budgétaires du FMI, a déclaré à Reuters que « plus les pays attendent, plus l'ajustement devient douloureux », la dette publique moyenne approchant 100 % du PIB. Le Fonds invite les pays à faible revenu à renforcer leur système fiscal. Le même journal rapporte que le ministre des Finances, Muhammad Aurangzeb, a réaffirmé mardi, lors d'une table ronde sur les risques souverains, l'appropriation nationale des réformes fiscales, énergétiques, des entreprises publiques et des retraites dans le cadre du programme du FMI. Il met en avant la consolidation budgétaire, la baisse de l'inflation et la reconstitution des réserves de change, ainsi qu'une gestion de la dette visant à allonger les échéances.
Le récit pakistanais traite donc le rapport moins comme une carte des gagnants de l'IA que comme un test de la discipline que le pays s'impose déjà sous programme du FMI.
SOURCES (3)
- The Express TribuneMOYEN
- Daily TimesMOYEN
- Business RecorderMOYEN
