ANGLE DOMINANT
Bruxelles décode le mouvement lycéen français comme le miroir d'une jeunesse et d'une école en souffrance, tout en guettant la contagion dans ses propres écoles liégeoises.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Sondage Odoxa pour Le Figaro et Backbone publié le 1er octobre : 62 % des Français jugent la mobilisation lycéenne « justifiée », mais condamnent les violences.
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Près d'un millier d'actions recensées le 1er octobre en France, et près de 400 établissements restent fermés, selon La Libre Belgique.
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En Belgique, le mouvement s'étend au-delà de la province de Liège (Herstal, Waremme, Grâce-Hollogne) et des appels circulent pour Namur, Visé et Bruxelles, selon Logan Verhoeven du CEF.
ANALYSE
Bruxelles, 3 octobre 2026. La presse belge francophone traite le mouvement lycéen français moins comme une crise gouvernementale que comme un miroir de la jeunesse et de l'école, avec en prime un effet de contagion chez elle. La Libre Belgique cite un sondage Odoxa pour Le Figaro et Backbone, publié le 1er octobre : 62 % des Français jugent la mobilisation des lycéens « justifiée », tout en condamnant les violences et débordements. Le soutien est majoritaire dans toutes les tranches d'âge et dans presque toutes les familles politiques ; seuls les sympathisants Les Républicains sont minoritaires, à 41 %.
Le quotidien relaie l'analyse du chercheur Paolo Stuppia (CESSP) : « Une majorité de Français peut s'identifier à cette jeunesse scolarisée : ils peuvent se dire que ce sont potentiellement leurs enfants ». Les blocages se multiplient depuis le 21 septembre contre la dégradation des conditions d'apprentissage : bâtiments vétustes, enseignants non remplacés, classes surchargées, pression de Parcoursup. Près d'un millier d'actions ont été recensées le 1er octobre, avec de nombreuses interpellations et plusieurs centaines de blessés parmi les forces de l'ordre ; près de 400 établissements restent fermés. Le titre fait du soutien populaire « la hantise du gouvernement », dans un contexte de défiance envers l'exécutif.
La Dernière Heure regarde plutôt vers la Belgique. Les mouvements spontanés de grève d'élèves font des émules au-delà de la province de Liège : rassemblement devant l'Athénée Royal Liège Atlas, extension à Herstal, Waremme et Grâce-Hollogne. Le journal rapporte « quelques arrestations et quelques dégradations », des policiers caillassés, et des appels à bloquer des écoles de Huy qui tournent sur TikTok, sans qu'on sache si c'est « du sérieux, de l'humour ou de l'inconscience ».
Logan Verhoeven, président du Comité des élèves francophones (CEF), explique que « tout s'est fait via Snapchat et Instagram » et que des appels à la mobilisation sur Namur, Visé et Bruxelles circulent pour la semaine prochaine. Le CEF recommande aux autorités d'accueillir ces mobilisations, qu'il juge « essentiellement pacifiques », et voit dans le mouvement un signal d'alarme à prendre au sérieux. Les écoles libres et communales liégeoises avaient décidé de maintenir leurs portes closes vendredi, sans endiguer la détermination de certains élèves.
