ANGLE DOMINANT
Paris décrypte une escalade qui court-circuite la diplomatie engagée entre Washington, Kiev et Moscou, à quelques jours du sommet de l'Otan à Ankara.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Frappe russe sur Kiev dans la nuit du 1er au 2 juillet : au moins 13 morts et près de 90 blessés, l'attaque la plus meurtrière contre la capitale depuis 2022 (BFMTV)
- 02
Riposte ukrainienne avec 72 drones abattus par la défense russe près d'un terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg, sans victime selon le gouverneur Beglov (20 Minutes)
- 03
Plus de 150 stations-service attaquées par des drones russes en Ukraine en deux mois, selon Andriy Pivovarskiy, directeur de l'enseigne WOG (Le Monde)
ANALYSE
Paris, 6 juillet 2026. Les médias français reconstituent, articles à l'appui, l'engrenage qui s'est noué en ce début juillet entre Moscou et Kiev. Dans la nuit du 1er au 2 juillet, des drones et missiles russes ont frappé massivement la capitale ukrainienne : au moins treize morts et près de quatre-vingt-dix blessés, des immeubles résidentiels effondrés, un bâtiment abritant des ambulances touché. Selon les autorités ukrainiennes citées par BFMTV, il s'agit de l'attaque la plus meurtrière contre Kiev depuis le début de l'invasion en 2022.
La riposte ukrainienne, elle, se joue sur le terrain énergétique. Samedi 4 juillet, selon 20 Minutes, l'Ukraine a visé un dépôt pétrolier près de Saint-Pétersbourg avec des drones ; le gouverneur Alexandre Beglov affirme en avoir abattu 72, sans faire de victime, un engin s'étant écrasé près du parc de Peterhof « sans provoquer de dégâts ». Le Monde documente en parallèle une autre facette de cette guerre du carburant : plus de 150 stations-service ont été attaquées par des drones russes en Ukraine en deux mois, selon Andriy Pivovarskiy, directeur de l'enseigne WOG, qui évoque des dépôts pétroliers visés « presque chaque semaine ». Une femme est morte dans la région de Dnipropetrovsk lors de l'une de ces frappes.
Sur le fond diplomatique, France 24 rapporte l'appel entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky à la veille du sommet de l'Otan à Ankara, les 7 et 8 juillet. Les négociations restent à l'arrêt : Moscou exige le retrait des forces ukrainiennes du Donbass, une demande que Kiev rejette. Zelensky, de son côté, met en garde contre une « nouvelle frappe massive » que préparerait la Russie, tout en démentant la prise de la ville de Kostyantynivka revendiquée par le Kremlin. La presse française souligne aussi que la Chine et la Russie annoncent des exercices navals conjoints en juillet au large des côtes chinoises, signe d'un rapprochement stratégique qui complique encore la donne pour les Occidentaux à l'approche du sommet turc.
