Un deuxième passager espagnol du navire d'expédition MV Hondius a été testé positif à l'hantavirus alors qu'il se trouvait déjà en quarantaine à l'hôpital Gómez Ulla de Madrid. Au moment du signalement initial à l'Organisation mondiale de la santé, le navire transportait environ 150 passagers et membres d'équipage de 23 nationalités. Trois personnes sont décédées au cours du voyage, dont au moins deux cas d'hantavirus confirmés par l'OMS.
Les autorités sanitaires espagnoles ont indiqué que la découverte de ce nouveau cas ne modifie pas le niveau de risque pour la population générale. Le fait qu'il ait été détecté à l'intérieur du dispositif d'isolement déjà activé est présenté comme la preuve que le protocole de quarantaine fonctionne.
L'épisode met en lumière les difficultés de la gouvernance sanitaire face à la mobilité maritime transfrontalière : un navire de pavillon néerlandais, parti d'Argentine, avec un équipage en grande partie philippin et des passagers de nombreux pays, évacués aux Canaries puis rapatriés vers leurs États respectifs. Cette dispersion oblige plusieurs juridictions à coordonner leurs réponses, alors que l'hantavirus ne dispose à ce jour ni de vaccin ni de traitement antiviral spécifique.
Les lectures de l'événement divergent. Certains acteurs insistent sur la maîtrise institutionnelle de la situation, d'autres soulignent l'absence de vaccin et de traitement spécifique et les risques pour les hubs portuaires mondiaux, d'autres encore privilégient la protection consulaire des marins en quarantaine à Amsterdam. La question d'une éventuelle transmission entre humains dans un espace confiné, le variant d'hantavirus exact en cause et les circonstances précises des trois décès restent peu documentés, de même que l'absence d'enquête sur les responsabilités liées à l'exploitation du navire.