ANGLE DOMINANT
Paris scrute l'engrenage irako-saoudo-iranien qui transforme l'Irak en nouveau front direct entre Washington, Riyad et Téhéran, avec un risque de contagion vers la Jordanie et le Golfe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Frappes américano-saoudiennes contre le Hachd al-Chaabi en Irak : au moins dix morts dans la province de Ninive, bilan appelé à s'alourdir selon des sources citées par l'AFP
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Les gardiens de la révolution iraniens revendiquent des tirs de missiles balistiques contre une base américaine et le commandement central US en Jordanie
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L'armée jordanienne affirme avoir intercepté cinq missiles iraniens ; l'Arabie saoudite dit avoir détruit des drones visant ses installations pétrolières
ANALYSE
Paris, 29 juillet 2026. La rédaction internationale du Monde, France 24 et RFI documentent heure par heure la reprise des hostilités au Moyen-Orient, après plusieurs jours d'accalmie. Dans la nuit de mardi à mercredi, les États-Unis et l'Arabie saoudite ont mené des frappes conjointes contre des positions du Hachd al-Chaabi, cette ex-coalition de paramilitaires pro-iraniens intégrée à l'armée irakienne. Les bombardements ont visé « plusieurs provinces », la plus meurtrière touchant la province de Ninive, dans le nord de l'Irak : au moins dix morts, un bilan que les sources du Hachd al-Chaabi citées par l'AFP jugent appelé à s'alourdir.
En représailles, les gardiens de la révolution iraniens affirment avoir visé, à l'aide de plusieurs missiles balistiques, une base aérienne américaine ainsi que le centre de commandement central de l'armée US en Jordanie. Le communiqué des pasdarans, repris par les médias iraniens, présente cette frappe comme une réponse aux « actions agressives de l'armée américaine » et prévient : « Tant que les menaces contre la République islamique d'Iran se poursuivront [...], la résistance se poursuivra. » Le Centcom évoque de son côté une « tentative d'attaque surprise » par tirs de missiles balistiques contre les forces américaines déployées dans la région. L'armée jordanienne dit avoir intercepté et abattu cinq de ces missiles visant son territoire.
Le front s'étend aussi côté saoudien : Riyad affirme avoir détruit plusieurs drones tirés depuis le territoire irakien par des « milices terroristes soutenues par l'Iran », qui visaient des installations pétrolières dans l'est du royaume et près de la capitale. Les rebelles houthistes du Yémen, alliés de Téhéran, revendiquent en retour des frappes de drones contre les sites pétroliers proches de Yanbu, présentées comme une riposte aux incursions saoudiennes. L'Arabie saoudite somme Bagdad de reprendre le contrôle de son territoire pour empêcher qu'il ne serve de base à ces attaques.
Sur le plan diplomatique, Benyamin Netanyahou a rencontré Donald Trump à Washington mardi, une première depuis le début du conflit ; les deux dirigeants ont réaffirmé leur « engagement indéfectible » à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. À Téhéran, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi s'est entretenu séparément avec ses homologues omanais et saoudien au sujet du détroit d'Ormuz, verrou stratégique du trafic pétrolier mondial. Pour les rédactions parisiennes, cette séquence marque un basculement : l'Irak, jusque-là arrière-cour du conflit israélo-iranien, devient un théâtre direct d'affrontement entre Washington, Riyad et Téhéran, avec un risque de contagion vers la Jordanie et le Golfe.
