
EXPLORER CE SUJET
Une seconde vague de frappes américaines a visé l'Iran le 10 juin, suivie de ripostes iraniennes contre des bases américaines au Koweït, au Bahreïn et en Jordanie. L'épisode est intervenu après la chute d'un hélicoptère Apache près du détroit d'Ormuz, qui avait déjà fragilisé la trêve conclue en avril sous médiation pakistanaise. Parmi les cibles figuraient des réservoirs d'eau dans la province d'Hormozgan, dont la destruction a privé d'eau plus de 20 000 habitants en pleine chaleur.
Cette séquence s'inscrit dans un cessez-le-feu instable, ponctué d'escalades depuis le 8 avril. En parallèle, l'AIEA a adopté par 21 voix une résolution exigeant l'accès aux sites nucléaires iraniens, et Washington a lancé un nouveau train de sanctions baptisé « Economic Fury ».
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitent pétrole, GNL et engrais, reste le nœud de la crise. Son blocage partiel a fait doubler le fret maritime conteneurisé, grimper le pétrole et poussé l'inflation américaine à un sommet de trois ans (4,2 % en mai), avec une essence au-dessus de 4 dollars. Vingt-quatre navires sud-coréens restent piégés dans le détroit et seize pétroliers ont été repérés au large d'Oman, transpondeurs éteints.
La nature des frappes reste disputée : une partie des acteurs y voit une attaque délibérée contre des infrastructures civiles, tandis que Washington la présente comme une opération ciblée sur des radars et défenses aériennes. La responsabilité de la rupture de la trêve fait elle aussi l'objet d'accusations croisées, chaque camp imputant l'escalade à l'autre.