Les 15 et 16 mai 2026, une opération militaire conjointe entre les forces américaines et nigérianes dans le bassin du lac Tchad a entraîné la mort d'Abu-Bilal al-Minuki, sans perte signalée du côté des deux armées. Donald Trump a annoncé l'opération sur Truth Social en le présentant comme le « numéro deux mondial de l'État islamique », tandis que le président nigérian Bola Tinubu a confirmé son élimination. Ressortissant nigérian né en 1982 dans l'État de Borno, al-Minuki figurait depuis 2023 sur la liste américaine des « terroristes globaux spécialement désignés ».
L'événement s'inscrit dans une intensification de la coopération sécuritaire entre Washington et Abuja amorcée depuis décembre 2025, marquée par une précédente frappe à Sokoto et le déploiement d'environ 200 soldats américains en mission de conseil et de formation. Le bassin du lac Tchad est l'épicentre d'une insurrection djihadiste portée par l'Islamic State West Africa Province (ISWAP), à laquelle est aujourd'hui attribuée près de 90 % des attaques mondiales revendiquées par l'État islamique, alors que les capacités du groupe se contractent au Moyen-Orient. Pour Abuja, la participation à ces opérations conjointes vaut affirmation d'une capacité militaire nationale, dans un pays où deux décennies d'insurrection ont exposé les limites de ses forces de sécurité.
Plusieurs points restent disputés. Le rang d'al-Minuki est contesté : certains acteurs reprennent l'appellation de « n°2 mondial », d'autres y voient un chef adjoint d'ISWAP ou un coordinateur régional. L'absence de confirmation indépendante du décès et le silence de l'organisation sont soulignés par certains, qui rappellent qu'une annonce similaire avait déjà été faite en 2024. La portée durable de cette élimination divise également : certains la jugent sans précédent, d'autres estiment qu'une seule frappe ne suffit pas à désorganiser un groupe doté de mécanismes de succession établis.