Le 28 mai 2026, Israël annonce avoir tué lors d'une frappe à Gaza, les 26 et 27 mai, Mohammed Odeh, présenté comme un chef de la branche armée du Hamas, les Brigades Al-Qassam. Il s'agit du deuxième responsable militaire du mouvement éliminé en onze jours, son prédécesseur ayant été tué plus tôt dans le mois dans des circonstances comparables.
L'opération intervient alors qu'un cessez-le-feu est formellement en vigueur depuis avril 2026. Les frappes israéliennes continuent toutefois de l'éprouver, sur fond d'escalade régionale plus large : des frappes américaines visent des sites iraniens et les tensions montent autour du détroit d'Hormuz les 27 et 28 mai, tandis que le front libanais connaît une intensification marquée.
Cette séquence superpose plusieurs niveaux de confrontation imbriqués — Gaza, le Liban et le face-à-face irano-américain — qui pèsent sur les marges de manœuvre des médiateurs régionaux à mesure que les interlocuteurs potentiels disparaissent.
Le sens à donner à ces éliminations fait l'objet de désaccords profonds. Certains acteurs les inscrivent dans le cadre de la légitime défense et de la lutte antiterroriste, présentant le Hamas comme une organisation terroriste et la frappe comme un succès tactique. D'autres les qualifient d'exécutions extrajudiciaires contraires au droit international et décrivent le mouvement comme une force de résistance. L'efficacité à long terme de ces décapitations successives est elle-même disputée, certains soulignant la capacité de résilience du Hamas malgré la perte rapide de deux de ses chefs militaires.
Aucune issue diplomatique à court terme n'est anticipée, l'ensemble des acteurs constatant l'absence de perspective politique crédible malgré la répétition des opérations ciblées. Plusieurs d'entre eux placent au premier plan les conséquences humanitaires pour les civils de Gaza et du Liban, tandis que d'autres structurent leur lecture autour des enjeux sécuritaires, stratégiques ou énergétiques.