ANGLE DOMINANT
Paris mesure la succession à la tête d'Apple à l'aune d'un seul chantier, le retard pris sur l'intelligence artificielle, plus que sur la santé financière du groupe, jugée déjà acquise.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
John Ternus, 51 ans, a pris officiellement la direction générale d'Apple mardi 1er septembre 2026, devenant le 8e PDG du groupe après quinze ans de mandat de Tim Cook (RFI).
- 02
Apple a enregistré 109,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires au troisième trimestre fiscal 2026, en hausse de 16 % sur un an, avec une marge brute de 50,1 % (La Tribune).
- 03
Le groupe doit dévoiler le 9 septembre une nouvelle version de Siri, sept ans après le lancement de ChatGPT, ainsi qu'une version pliable de l'iPhone (RFI, Sud Ouest).
ANALYSE
Paris, 2 septembre 2026. Le changement de PDG chez Apple est lu depuis Paris moins comme une succession managériale que comme un test grandeur nature : celui d'un ingénieur du matériel appelé à combler le retard pris par le groupe sur l'intelligence artificielle. John Ternus, 51 ans, a officiellement pris la direction générale mardi 1er septembre, mettant fin aux quinze années de mandat de Tim Cook, qui reste président exécutif et garde la charge du dialogue avec les gouvernements. La presse économique française insiste d'abord sur la solidité du bilan transmis : 109,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires au troisième trimestre fiscal, en hausse de 16 % sur un an, une marge brute de 50,1 %, et une capitalisation passée d'environ 350 milliards à plus de 4 000 milliards de dollars sous l'ère Cook. « Le groupe n'a rien d'une entreprise à sauver », résume La Tribune, qui situe le défi de Ternus sur un terrain industriel plutôt que financier.
Reste que ce passage de témoin intervient à un moment jugé délicat : Apple doit dévoiler le 9 septembre une nouvelle version de Siri, sept ans après le lancement de ChatGPT, et présenter une version pliable de l'iPhone, premier lancement de gamme inédit depuis dix ans. RFI qualifie l'intelligence artificielle de « premier angle mort » du groupe californien, face à des concurrents jugés plus avancés comme Google, Microsoft ou OpenAI. Des analystes cités par Sud Ouest auraient préféré voir Craig Federighi, responsable du logiciel, prendre la tête plutôt qu'un homme du matériel — un doute que la presse française relaie sans trancher. D'autres, comme Dan Ives, défendent au contraire la continuité : « Il n'y a pas de raison de changer ce qui fonctionne. » La dépendance de l'iPhone, qui pèse encore plus de la moitié du chiffre d'affaires, et une pénurie de puces mémoire ayant forcé une hausse des prix cet été, complètent le tableau des chantiers ouverts pour le nouveau dirigeant.
SOURCES (5)
- Sud OuestMOYEN
- L'ObsMOYEN
- La TribuneMOYEN
- BFM BusinessMOYEN
