ANGLE DOMINANT
Buenos Aires décrypte le nouveau round de tension à Ceuta comme le prolongement direct de la crise migratoire de juillet, plus que comme un épisode isolé.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les forces marocaines ont intercepté samedi au moins 150 migrants près de Fnideq, dont 128 ressortissants d'Afrique subsaharienne et 20 Marocains, selon Perfil
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Le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska situe à environ 5 000 le nombre de personnes encore présentes à Ceuta depuis juillet, dont 1 898 mineurs, selon Infobae
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Le bilan humain de la crise de juillet reste contesté : 11 morts recensés par Rabat côté marocain contre au moins 80 selon une commission médico-légale espagnole et jusqu'à 141 selon des ONG
ANALYSE
Buenos Aires, 16 août 2026. La presse argentine décrypte avec attention l'épisode de tension à la frontière de Ceuta, enclave espagnole qu'elle situe systématiquement comme «la porte sud» de l'Europe sur le continent africain. Selon Perfil, les forces marocaines ont intercepté samedi au moins 150 migrants près de Fnideq — 128 ressortissants d'Afrique subsaharienne et 20 Marocains — avant qu'ils n'atteignent les brise-lames ou le grillage frontalier. Une partie des groupes interceptés portait des pics et des cisailles destinés à découper le maillage métallique, précise le quotidien.
Le dispositif marocain, jugé cette fois «énergique» par les médias argentins, tranche avec la porosité observée fin juillet, quand environ 72 000 personnes avaient franchi la frontière en quelques jours, dont près de 70 000 avaient été renvoyées au Maroc. Ce précédent, rappelle Perfil, avait eu un lourd coût humain : Rabat avait fait état de 11 morts côté marocain, tandis qu'une commission médico-légale espagnole en dénombrait au moins 80 en territoire espagnol, des ONG évoquant jusqu'à 141 disparus ou morts. C'est ce souvenir, plus que le nombre de personnes interceptées samedi, qui structure le récit argentin d'un dispositif désormais militarisé côté espagnol — Guardia Civil, Police nationale et renforts de l'Armée en alerte.
Infobae relaie la ligne officielle du ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska, qui défend une relation «étroite, loyale et fondée sur la confiance» avec Rabat pour contenir les réseaux de passeurs, tout en écartant tout risque terroriste lié à la crise. Le ministre chiffre à environ 5 000 le nombre de personnes encore présentes à Ceuta depuis le franchissement massif de juillet, dont 1 898 mineurs. À Melilla, en revanche, le président Juan José Imbroda a salué une journée de «pleine normalité», plages bondées et aucun incident signalé, malgré un renfort d'environ 150 agents.
La presse argentine relève enfin, sans trancher, le paradoxe pointé par certains observateurs : ces départs surviennent alors que le Maroc traverse une période de croissance économique et investit massivement dans les infrastructures en vue de la Coupe du monde 2030, qu'il coorganisera.
SOURCES (2)
- PerfilMOYEN
