ANGLE DOMINANT
Le Pakistan se pose en mediateur pour eviter de choisir entre Pekin et Washington
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'ambassadeur pakistanais affirme que 'la diplomatie prend du temps' -- Islamabad ne promet pas de resultat mais engrange le credit diplomatique
- 02
Initiative conjointe en cinq points avec la Chine, concue pour etre inattaquable publiquement
- 03
Le Pakistan partage 900 km de frontiere avec l'Iran : la mediation est aussi une question de survie domestique au Baloutchistan
ANALYSE
Le Pakistan joue la carte la plus audacieuse de sa diplomatie recente : se poser en mediateur entre Washington et Teheran. L'ambassadeur pakistanais aux Etats-Unis, Rizwan Saeed Sheikh, l'affirme dans Dawn : 'La diplomatie prend du temps.' Une phrase qui en dit long -- Islamabad sait que personne ne croit vraiment a une mediation rapide, mais le simple fait de l'offrir est deja un gain.
Le meme jour, Dawn rapporte une initiative conjointe Pakistan-Chine en cinq points : cessation immediate des hostilites, ouverture de pourparlers de paix 'des que possible', protection des civils, respect de la souverainete iranienne, et securite du detroit d'Ormuz. L'initiative est construite pour que personne ne puisse s'y opposer publiquement -- et c'est exactement le piege. Si Washington la rejette, Islamabad peut dire : 'Nous avons essaye.'
Le Globe and Mail de Toronto saisit parfaitement le dilemme pakistanais : Islamabad 'marche sur une corde raide' entre la Chine et les Etats-Unis. Le Pakistan depend du corridor economique CPEC (62 milliards de dollars d'investissements chinois) mais aussi de l'aide militaire americaine. Se poser en mediateur permet de ne pas choisir. C'est un calcul, pas de l'altruisme.
Ce que Dawn ne dit pas, c'est que le Pakistan partage 900 kilometres de frontiere avec l'Iran. Chaque missile qui tombe de l'autre cote genere des flux de refugies, de la contrebande de carburant et de l'instabilite au Baloutchistan -- la province la plus volatile du pays.
SOURCES (2)
- Globe and MailMOYEN
