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Le Pentagone a officiellement annoncé le retrait d'environ 5 000 soldats américains stationnés en Allemagne, une opération prévue dans les six à douze prochains mois. Lors de déclarations en Floride le samedi 2 mai, Donald Trump a indiqué vouloir aller « bien plus loin » que ce chiffre. Dans la foulée, le déploiement de missiles Tomahawk à longue portée sur le sol allemand, promis par Joe Biden en 2024, a lui aussi été annulé.
La séquence a démarré après que le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé que l'Iran « humiliait » Washington à la table des négociations et que les États-Unis n'avaient « visiblement aucune stratégie ». Trump a répliqué en qualifiant le travail de Merz de « déplorable ». S'en est suivie une vive controverse sur les objectifs poursuivis dans le dossier iranien.
Le contexte dépasse cette seule querelle. Le retrait représente environ 14 % des 36 000 militaires américains présents en Allemagne et intervient alors que se cumulent des tensions sur l'Iran, des droits de douane de 25 % sur les automobiles européennes et des divergences sur le soutien à apporter à certaines opérations. L'annulation des Tomahawk réduit concrètement la dissuasion face à la Russie, ce qui inquiète jusqu'à des élus républicains des comités des forces armées.
Plusieurs points restent disputés. Merz soutient qu'il n'existe « aucun lien » entre ses critiques et la décision de retrait, tandis qu'un responsable du Pentagone décrit au contraire le discours allemand comme « inapproprié et contre-productif ». Les acteurs divergent aussi sur la portée stratégique : certains y voient une sanction politique, d'autres une réorientation de long terme appelant les Européens à assumer davantage leur propre défense, sans qu'aucune capacité ne puisse combler rapidement le vide.