ANGLE DOMINANT
Buenos Aires scrute la crise de Ceuta minute par minute, portée par la proximité linguistique et culturelle avec l'Espagne, et mesure la gravité d'un afflux comparé à celui de 2021.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Environ 2000 migrants entrés à la nage à Ceuta en dix jours, à un rythme de 200 par jour, selon le maire Juan Jesús Vivas cité par La Nación
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Au moins 18 morts recensés dans la nuit du 30 au 31 juillet, portant le bilan à 29 décès sur le littoral de Ceuta depuis le début de l'année, selon Clarín
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L'Italie a proposé de suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, provoquant la convocation de l'ambassadeur italien par Madrid, rapporte Clarín
ANALYSE
Buenos Aires, 31 juillet 2026. La presse argentine consacre une couverture en direct, minute par minute, à la crise migratoire qui secoue Ceuta, l'enclave espagnole au Maroc où plusieurs milliers de personnes ont franchi la frontière en dix jours. Clarín, La Nación et Infobae relaient heure par heure l'ampleur de ce qu'ils qualifient d'« avalancha » : selon le gouvernement local de Ceuta, cité par La Nación, quelque 2000 migrants sont arrivés à la nage depuis le Maroc en une semaine et demie, à un rythme de « 200 personnes par jour ». Le maire-président Juan Jesús Vivas a décrété l'« urgence humanitaire et sociale », évoquant des centres d'accueil « saturés et effondrés », et a réclamé à Madrid l'état d'urgence national ainsi que le déploiement de l'armée.
Infobae détaille une nuit particulièrement violente, avec au moins 18 morts recensés par la Guardia Civil parmi les personnes ayant tenté la traversée à la nage, portant à 29 le nombre de migrants décédés sur le littoral de Ceuta depuis le début de l'année, selon Clarín. Des vidéos montrent des familles avec femmes et enfants parmi les arrivants, majoritairement de jeunes hommes marocains, certains criant « Viva España ! » en posant le pied sur le sol espagnol, rapporte La Nación.
La presse argentine souligne aussi la dimension diplomatique : Madrid et Rabat ont convenu d'accélérer le renvoi des migrants entrés irrégulièrement, tandis que le ministère de l'Intérieur espagnol accuse des réseaux de traite de profiter d'une décision de justice pour encourager les traversées. Clarín rapporte la crise ouverte avec l'Italie, Rome ayant évoqué une suspension de l'Espagne de l'espace Schengen, ce qui a valu la convocation de l'ambassadeur italien à Madrid. Les médias argentins notent enfin que la Maison Blanche a attribué la situation aux « politiques mondialistes d'extrême gauche » du gouvernement de Pedro Sánchez.
Si l'ampleur reste inférieure à celle de mai 2021 — 10 000 entrées en deux jours —, la comparaison structure presque tous les récits argentins, qui insistent sur la proximité culturelle et linguistique avec l'Espagne pour justifier l'intensité de cette couverture en direct.
