ANGLE DOMINANT
Lima distingue avec soin l'annulation de procédure obtenue par Ollanta Humala d'un acquittement sur le fond, alors que d'autres dossiers judiciaires restent ouverts contre l'ex-président.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le TC a annulé la procédure par 5 voix contre 2 (sentence n° 169/2026), jugeant le blanchiment d'actifs inapplicable aux faits de 2006-2011, qualification introduite dans la loi pénale seulement en 2016.
- 02
Première déclaration d'Ollanta Humala à sa sortie de Barbadillo : « J'ai été séquestré par l'État [...] les sicaires du système judiciaire ont régularisé une situation illégale. »
- 03
D'autres procédures restent pendantes contre l'ex-président : corruption passive, négociation incompatible, homicide qualifié, disparition forcée, notamment le dossier du gazoduc Sud-péruvien.
ANALYSE
Lima, 2 août 2026. Ollanta Humala a quitté la prison de Barbadillo dans la soirée de vendredi, après plus d'un an de détention, sur ordre du Premier tribunal d'instruction préparatoire nationale. Le juge César Augusto Riveros Ramos a notifié l'Institut national pénitentiaire (INPE) de procéder « dans la journée et sous sa responsabilité » à l'excarcération de l'ex-président (2011-2016), en exécution de la sentence n° 169/2026 rendue jeudi par le Tribunal constitutionnel (TC).
Le TC, par cinq voix contre deux, a déclaré fondée la demande d'habeas corpus déposée par la défense de Humala et annulé l'intégralité de la procédure pénale ouverte contre lui pour blanchiment d'actifs aggravé, dans le dossier des financements attribués à Odebrecht et au gouvernement vénézuélien pour ses campagnes de 2006 et 2011. Les magistrats majoritaires — Helder Domínguez Haro, Francisco Morales Saravia, Gustavo Gutiérrez Ticse, César Ochoa Cardich et Pedro Hernández Chávez — ont jugé que les faits reprochés ne pouvaient être qualifiés de blanchiment d'actifs au moment des faits, cette qualification n'ayant été introduite dans le code pénal péruvien qu'en 2016. Deux juges, Luz Pacheco Zerga et Manuel Monteagudo Valdez, ont voté contre.
Le raisonnement des magistrats reprend le même critère que celui déjà appliqué dans l'affaire dite « Cócteles », qui avait fait tomber des poursuites similaires contre la présidente Keiko Fujimori, investie le 29 juillet, pour des faits liés aux mêmes campagnes électorales.
Point essentiel : le TC ne prononce pas d'acquittement sur le fond. Il annule la procédure pour vice de légalité et de typicité, et ordonne au parquet le classement définitif du dossier. La condamnation à 15 ans de prison prononcée en avril 2025 est ainsi caduque, de même que les mandats d'arrêt liés à cette affaire.
À sa sortie de Barbadillo, la voix brisée, Ollanta Humala a dénoncé une « persécution politique et judiciaire » : « J'ai été séquestré par l'État [...] les sicaires du système judiciaire ont régularisé une situation illégale. » Il a nié avoir reçu des fonds du Venezuela ou du Brésil et évoqué l'exil de son épouse Nadine Heredia et de leurs enfants.
Sa situation judiciaire reste toutefois loin d'être soldée : d'autres procédures se poursuivent contre lui pour corruption passive, négociation incompatible, homicide qualifié et disparition forcée, la plus active portant sur le dossier du gazoduc Sud-péruvien pour collusion aggravée.
SOURCES (3)
- GestiónMOYEN
- La República PerúMOYEN
- Infobae PeruMOYEN
