Le 22 mai 2026, le chef d'état-major pakistanais Asim Munir s'est rendu à Téhéran dans le cadre d'une médiation officielle entre Washington et Téhéran, reconnue par toutes les parties. En marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a évoqué un "léger progrès" dans les négociations, tout en se gardant de tout excès d'optimisme.
Ces pourparlers s'inscrivent dans un conflit ouvert depuis le 28 février 2026 entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Depuis le déclenchement des hostilités, le détroit d'Ormuz — par lequel transitait environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et en GNL — est fermé à la grande majorité du trafic commercial, provoquant un choc énergétique mondial majeur. Le Pakistan s'est imposé comme médiateur central après avoir obtenu un cessez-le-feu partiel le 8 avril, sans qu'aucun accord de fond n'ait suivi.
Deux nœuds restent irrésolus. Le premier porte sur le stock d'uranium hautement enrichi détenu par l'Iran : le guide suprême Khamenei en a interdit le transfert à l'étranger, tandis que Washington en exige le départ ou la destruction. Le second concerne le statut d'Ormuz, que les États-Unis et leurs alliés refusent de voir soumis à des péages, là où Téhéran pose la reconnaissance de sa souveraineté sur le passage comme préalable.
Les acteurs divergent aussi sur la méthode et le périmètre. Israël et les États-Unis veulent intégrer le dossier nucléaire à tout accord, ce que l'Iran refuse tant que la guerre n'a pas cessé. Plusieurs États régionaux mettent en avant la médiation pakistanaise et qatarie comme la voie crédible, là où les pays atlantistes présentent sanctions et pression comme indispensables. Six semaines après un cessez-le-feu décrit comme fragile, la multiplication des canaux diplomatiques traduit l'absence d'une architecture de sortie de crise consolidée.