ANGLE DOMINANT
Islamabad valorise son rôle de co-médiateur de premier plan : l'accord-cadre porte le nom de la capitale pakistanaise, et le ministère des Affaires étrangères confirme des 'progrès positifs' à l'issue des pourparlers de Doha.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Pakistan et le Qatar ont co-facilité des réunions séparées US-Iran à Doha les 2-3 juillet, aboutissant à un communiqué commun faisant état de 'progrès positifs' sur le mémorandum d'Islamabad
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L'accord de juin, dit 'mémorandum d'Islamabad', prévoit un cessez-le-feu de 60 jours et une feuille de route en 14 points, ainsi que l'utilisation d'une première tranche de 6 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés
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Le programme nucléaire iranien n'a pas été abordé lors de ces pourparlers techniques, selon des sources proches des négociations, en dépit des déclarations publiques de Trump
ANALYSE
Islamabad/Doha, 3 juillet 2026. Le Pakistan s'est positionné comme co-médiateur actif lors du second cycle de pourparlers indirects entre Washington et Téhéran, conclu mercredi à Doha. Aux côtés du Qatar, Islamabad a facilité des réunions séparées avec les deux délégations, dans le cadre d'un processus centré sur la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et le déblocage des avoirs iraniens gelés.
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a publié un communiqué conjoint avec Doha, confirmant des « progrès positifs » sur les questions liées au mémorandum d'entente d'Islamabad (MoU), en s'appuyant sur les résultats du sommet du lac Lucerne. La prochaine réunion sera planifiée après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Khamenei, dont l'inhumation est prévue le 9 juillet.
L'accord-cadre de juin, auquel le Pakistan a contribué aux côtés du Qatar, prévoit un cessez-le-feu de 60 jours et une feuille de route en 14 points pour un règlement définitif du conflit déclenché par les frappes américano-israéliennes en février. Ce mémorandum porte le nom de la capitale pakistanaise, marqueur tangible de la reconnaissance diplomatique accordée à Islamabad.
À Doha, le vice-ministre iranien Kazem Gharibabadi a annoncé la création d'un canal de communication pour consigner les violations du mémorandum. Il a également évoqué les avoirs gelés : les deux parties ont convenu que des marchandises nécessaires à l'Iran seraient achetées sur une première tranche de 6 milliards de dollars.
Les entretiens sont restés techniques : le programme nucléaire iranien n'a pas été abordé, selon des sources proches des négociations, malgré les déclarations de Trump affirmant que « la dénucléarisation de l'Iran avance bien ». Le vice-président Vance a reconnu que ce dossier sera traité « plus tard ». Les envoyés Kushner et Witkoff, initialement annoncés pour des échanges à « haut niveau », n'ont pas participé aux discussions.
Pour Islamabad, ces pourparlers représentent un double acquis : diplomatique, en consolidant son statut de médiateur reconnu entre deux puissances en tension ; et stratégique, car toute déstabilisation du détroit d'Ormuz frappe directement les routes d'approvisionnement énergétique vitales pour le Pakistan. La suite du processus – et notamment l'ouverture du dossier nucléaire – dépendra du calendrier fixé après le deuil officiel iranien.
