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À quelques jours du défilé du 9 mai, la Russie a adressé un avertissement formel aux missions diplomatiques étrangères présentes à Kyiv, les invitant à évacuer leur personnel en prévision d'une frappe de représailles annoncée au cas où l'Ukraine perturberait la commémoration du Jour de la Victoire. Cette mise en garde directe, visant des ambassades en pleine capitale d'un État souverain, constitue un usage inédit de la pression diplomatique dans ce conflit.
Les faits s'inscrivent dans une séquence de double escalade. Les deux camps avaient déclaré des trêves unilatérales — un cessez-le-feu ukrainien le 6 mai, un cessez-le-feu russe les 8 et 9 mai — chacune ayant été ignorée ou enfreinte selon l'adversaire. Dans le même temps, des drones ukrainiens se sont écrasés en Lettonie, membre de l'OTAN, soulevant la question de l'intégrité territoriale alliée sans déclencher, à ce stade, le mécanisme de défense collective de l'Alliance.
Le contexte stratégique est celui de négociations de paix au point mort. Les deux trêves traduisent des logiques difficilement conciliables : un camp recherche un cessez-le-feu permanent et vérifié, l'autre une trêve symbolique calée sur un calendrier mémoriel. En parallèle, une reprise diplomatique prudente se dessine, avec le déplacement du négociateur ukrainien Umerov en Floride pour rencontrer des envoyés américains.
Ce qui reste disputé tient à l'attribution des responsabilités. Chaque belligérant impute à l'autre la violation des trêves et présente ses propres frappes comme une réponse, là où l'adversaire les qualifie d'escalade délibérée. Ces récits, mutuellement exclusifs, ne convergent ni sur les causes ni sur la légitimité des actions menées.
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