ANGLE DOMINANT
Rome mesure l'ampleur du séisme qui frappe la Colombie trois jours à peine après l'investiture d'Abelardo de la Espriella, entre bilan humain en hausse continue et premier test de gouvernance pour le nouveau président.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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132 morts et plus de 570 blessés, dont 87 dans les villes chefs-lieux de département, selon ANSA
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86 bâtiments effondrés et sept aéroports paralysés, Pereira comptant à elle seule 60 morts, selon Adnkronos
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Couvre-feu décrété à Cali par le maire Alejandro Eder après des signalements de pillages, avec déploiement militaire, selon Adnkronos
ANALYSE
Rome, 11 août 2026. Le séisme de magnitude 7,4 qui a frappé la Colombie occidentale lundi matin, à 7h34 heure locale, domine depuis deux jours la couverture des rédactions italiennes. Selon un bilan diffusé par ANSA, au moins 132 morts et plus de 570 blessés sont recensés, dont 87 dans les villes chefs-lieux de département ; 86 bâtiments se sont effondrés et sept aéroports ont suspendu leurs opérations. Adnkronos, citant l'Association colombienne des villes chefs-lieux, précise que Pereira, capitale du département de Risaralda, concentre à elle seule 60 des victimes.
L'épicentre, situé près de San José del Palmar, dans le département du Chocó, à une profondeur d'environ 96 kilomètres selon le Service géologique colombien, a provoqué une secousse ressentie jusqu'en Équateur et au Panama, rapporte Adnkronos. À Cali, troisième ville du pays et l'une des plus touchées, le maire Alejandro Eder a instauré un couvre-feu nocturne après des signalements de pillages, et déployé militaires et policiers dans les rues. Le président Abelardo de la Espriella, en poste depuis à peine trois jours, a fait état depuis Cali de 188 personnes toujours portées disparues et de près de 5 000 habitations endommagées dans la seule ville, selon Adnkronos.
La presse italienne relève la rapidité de la réponse internationale : les États-Unis ont annoncé une aide de 15,5 millions de dollars, tandis que la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a activé des mécanismes d'assistance humanitaire malgré les tensions récurrentes entre les deux pays voisins. ANSA souligne que les hôpitaux de Cali ont déclaré l'alerte rouge après avoir atteint 100 % de leur capacité.
Les rédactions transalpines s'attardent aussi sur les témoignages de terreur recueillis à Bogotá et Cali - « un grondement effrayant, puis l'enfer », résume un survivant cité par ANSA - et sur la polémique née d'une vidéo tournée à Medellín, où un chef d'entreprise a ordonné à ses employés de retourner au bureau après l'évacuation, sous peine de sanctions disciplinaires, en violation des procédures de sécurité colombiennes. Survenu six semaines à peine après deux secousses majeures au Venezuela voisin, l'épisode ravive pour Rome la question de la vulnérabilité sismique de tout l'arc andin, même si les sismologues cités excluent tout lien direct entre les deux évènements.
SOURCES (2)
- AdnkronosMOYEN
