ANGLE DOMINANT
Madrid tranche : derrière les 2 295 morts officiels du Venezuela, l'Espagne comptabilise 26 de ses ressortissants, 150 disparus et 12 encore ensevelis selon le ministère des Affaires étrangères.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le bilan officiel s'élève à 2 295 morts dont 26 ressortissants espagnols, avec 150 Espagnols disparus et 12 encore ensevelis selon le ministère espagnol des Affaires étrangères
- 02
Quelque 58 870 bâtiments ont été endommagés ou détruits dans le nord du Venezuela selon l'analyse satellite du programme Copernicus, dont la moitié dans le seul état de La Guaira
- 03
Un McDonald's de La Guaira a été converti en hôpital de fortune par des médecins bénévoles opérant à 40 °C à la lumière de téléphones portables, faute d'infrastructures médicales
ANALYSE
Madrid, 2 juillet 2026. L'Espagne mesure la catastrophe vénézuélienne sous deux prismes indissociables : l'ampleur d'une tragédie humanitaire exceptionnelle et le sort de ses propres ressortissants. Le ministère des Affaires étrangères a confirmé que 26 Espagnols ont péri dans le double séisme du 24 juin, que 150 demeurent portés disparus et que 12 autres restent ensevelis sous les décombres.
Le double séisme — magnitudes 7,2 et 7,5, frappant en moins d'une minute d'intervalle — est le plus destructeur qu'ait connu le Venezuela depuis plus d'un siècle. Le bilan officiel atteint 2 295 morts et plus de 10 000 blessés, tandis que les Nations unies estiment à 42 000 le nombre de disparus. Selon une analyse satellite fondée sur les données du programme européen Copernicus, quelque 58 870 bâtiments ont été endommagés ou détruits, dont la moitié dans le seul état de La Guaira.
La presse espagnole humanise ces données en suivant des trajectoires personnelles qui traversent l'Atlantique. La famille Hernández Taberneiro, originaire de Marín en Galice, avait effectué sa première visite au Venezuela depuis son émigration sept ans plus tôt. Le couple, leurs enfants Lía (neuf ans) et Ulises (huit ans), ainsi que les grands-parents qui les hébergeaient, demeurent introuvables sous les ruines de La Guaira. Depuis la Galice, Eduardo Campos, ami de la famille, multiplie les démarches : listes de survivants, demandes de matériel de déblaiement, contacts militaires.
Sur place, la désorganisation domine. Un McDonald's a été transformé en hôpital de fortune à La Guaira, où des médecins bénévoles ont opéré à 40 degrés, à la lumière de téléphones portables. Le port de La Guaira accueille une morgue improvisée : des centaines de cercueils s'entassent en plein air pendant que les équipes médico-légales s'épuisent à identifier les dépouilles. L'ONU a annoncé l'acheminement de 10 000 sacs mortuaires pour soutenir l'effort.
Les sauvetages se poursuivent malgré tout : un enfant de trois ans a été retrouvé vivant après presque six jours d'enfouissement ; Hernán Gil, gardien de sécurité, a été extrait au terme de plus de trente heures d'opérations complexes. La fenêtre de survie se rétrécit pourtant à mesure que passent les jours. La colère monte dans les quartiers sinistrés : les habitants signalent un sentiment d'abandon face aux autorités — la coalition de Delcy Rodríguez, qui dirige le pays depuis la chute de Nicolás Maduro — critiquées pour leurs maigres communiqués quotidiens. Les hôpitaux restent débordés et les risques épidémiques croissants.
SOURCES (3)
- El Pais EnglishMOYEN
- HuffPost EspañaMOYEN
- ElDiario.esMOYEN
