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Lors d'un rassemblement de partisans à Belgrade, Aleksandar Vučić a annoncé qu'il quitterait la présidence « encore quelques semaines » plus tard, sans fixer de date précise, et qu'il convoquerait des élections anticipées. Au pouvoir depuis 2012, il aurait normalement dû achever son mandat à mi-2027. Il a indiqué vouloir rester un acteur central de la vie politique en soutenant son parti, le SNS, lors du scrutin à venir.
Cette annonce intervient après près de dix-huit mois de manifestations étudiantes et citoyennes contre la corruption. Le mouvement a été déclenché par la catastrophe de Novi Sad en novembre 2024, l'effondrement d'un auvent de gare qui avait causé seize morts. La pression de la rue est identifiée comme la cause directe de ce calendrier anticipé.
Le contexte serbe est singulier : candidate à l'adhésion à l'Union européenne, la Serbie maintient aussi des liens étroits avec Moscou et Pékin et reste l'un des rares États européens à ne pas avoir adopté de sanctions contre la Russie depuis 2022. La transition se joue donc au cœur des Balkans occidentaux, région où les changements politiques affectent régulièrement la stabilité du voisinage.
Plusieurs points restent disputés. Certains acteurs lisent ce retrait comme une manœuvre tactique, Vučić visant le poste de Premier ministre, tandis que d'autres mettent surtout en avant la pression populaire. La portée réelle du changement divise aussi : faut-il y voir une véritable alternance, ou un repli calculé alors que de précédentes élections anticipées avaient « presque rien changé » ? L'absence de calendrier précis pour la démission comme pour la dissolution du Parlement entretient l'incertitude.
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