ANGLE DOMINANT
Brasília scrute la volte-face de Washington sur les contrôles routiers de l'ICE, pendant que Bogotá et Mexico haussent le ton après la mort de leurs ressortissants.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Johan Sebastián Durán Guerrero, Colombien de 26 ans autorisé à travailler aux États-Unis, a été tué par un agent de l'ICE à Biddeford (Maine) le 13 juillet 2026.
- 02
Le gouvernement mexicain recense 17 morts parmi ses ressortissants dans des opérations de détention/déportation depuis le retour de Trump au pouvoir et annonce des plaintes pénales aux États-Unis.
- 03
Donald Trump a désavoué sur Truth Social la suspension des contrôles routiers annoncée par le DHS, la qualifiant d'outil indispensable contre le crime.
ANALYSE
Brasília, 15 juillet 2026. La presse brésilienne suit de près l'escalade provoquée par la mort de deux migrants latino-américains sous les balles d'agents de l'ICE en l'espace d'une semaine aux États-Unis, un enchaînement qui a poussé Washington à suspendre, puis à réactiver, les contrôles routiers de l'agence d'immigration.
Selon les récits d'Estadão, Folha de S.Paulo, G1 Globo et Veja, le Colombien Johan Sebastián Durán Guerrero, 26 ans, chauffeur-livreur autorisé à travailler aux États-Unis, a été abattu lundi 13 juillet à Biddeford, dans le Maine, alors qu'il tentait de fuir en voiture. Six jours plus tôt, à Houston, au Texas, un agent avait tué le Mexicain Lorenzo Salgado Araujo, 52 ans, maçon et père de trois enfants. Un troisième homme, mexicain, est mort mardi écrasé par un camion en fuyant des agents fédéraux.
Le DHS a d'abord affirmé que Guerrero était armé, une version démentie par les images de vidéosurveillance rendues publiques. Le sénateur du Maine Angus King et la délégation parlementaire de l'État ont réclamé une enquête indépendante, tandis que des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant un centre de détention de l'ICE à Scarborough avec une banderole proclamant « Arrêtez les meurtres ». Ces incidents surviennent alors que l'agence avait réduit ses opérations massives dans les villes depuis mars, après une vague de raids meurtriers dans le Minnesota qui avait déjà provoqué un scandale au sein du DHS.
Le Department of Homeland Security a d'abord ordonné la suspension de la plupart des interpellations de véhicules, mesure que le « tsar des frontières » Tom Homan a qualifiée de « pause temporaire ». Mais Donald Trump l'a publiquement désavouée mercredi, écrivant sur Truth Social que l'ICE ne pouvait « renoncer à l'un de ses outils les plus efficaces contre le crime », qualifiant l'opposition de « gauche radicale démocrate ».
La réaction la plus vive vient de la région : le président colombien Gustavo Petro a qualifié la mort de son concitoyen d'« assassinat », tandis que le gouvernement mexicain, qui recense 17 morts parmi ses ressortissants dans des opérations de détention depuis le retour de Trump au pouvoir en 2025, a annoncé le dépôt de plaintes pénales aux États-Unis. Selon Estadão, l'ICE a eu recours à la force létale neuf fois depuis le durcissement de la politique migratoire ; Folha évoque au moins six personnes tuées par balle et 22 morts au total.
SOURCES (4)
- G1 Globo MundoMOYEN
- VejaMOYEN
- Folha MundoMOYEN
- EstadãoMOYEN
