ANGLE DOMINANT
Pékin décrypte une diplomatie américaine à deux vitesses, entre soutien affiché à Kiev et frictions mal dissimulées avec Tel-Aviv
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump et Zelensky ont discuté de licences de production de systèmes Patriot en Ukraine, à la suite de l'annonce faite au sommet de l'Otan à Ankara
- 02
Trump a reproché publiquement à Netanyahou d'avoir laissé filtrer ses arguments sur le site nucléaire iranien de « Pickaxe Mountain »
- 03
Netanyahou a qualifié sa rencontre avec Trump d'« excellente », centrée sur l'objectif commun d'empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire
ANALYSE
Pékin, 30 juillet 2026. Deux rencontres, un même bureau ovale, deux tonalités radicalement différentes : c'est le contraste que retiennent le South China Morning Post et CGTN de la journée diplomatique de Donald Trump à la Maison-Blanche. Mardi, le président américain a d'abord reçu Volodymyr Zelensky, avant les funérailles du sénateur Lindsey Graham. Les deux dirigeants ont évoqué la production, sur le sol ukrainien, de systèmes de défense Patriot — une licence annoncée par Washington lors du sommet de l'Otan à Ankara. Zelensky a qualifié l'échange de « bon », remerciant Trump pour un soutien « ferme » et appelant à « réinvigorer » le processus diplomatique avec Moscou, au point mort depuis des mois selon CGTN.
L'atmosphère change radicalement avec Benjamin Netanyahou, reçu juste après le départ de son homologue ukrainien. Le South China Morning Post documente une irritation manifeste de Trump, qui reproche au premier ministre israélien d'avoir laissé filtrer publiquement ses arguments sur le programme nucléaire iranien, notamment sur l'installation souterraine de « Pickaxe Mountain ». « Je n'ai pas besoin que Bibi me le dise », aurait lâché Trump sur Fox & Friends, s'agaçant que ces éléments soient « annoncés au monde entier » plutôt que transmis directement. Netanyahou, de son côté, a évoqué a posteriori une rencontre « excellente », centrée sur l'objectif commun d'empêcher Téhéran d'obtenir l'arme nucléaire.
Cette lecture chinoise, distanciée des deux dossiers ukrainien et iranien, met en évidence une administration américaine gérant simultanément deux théâtres de tension sans les traiter à égalité de confiance envers ses partenaires. Les médias notent que les deux entretiens se sont tenus portes closes, sans accès presse — un choix de communication qui, selon eux, limite la lisibilité extérieure des arbitrages réels de Washington sur l'Ukraine comme sur l'Iran.
