ANGLE DOMINANT
Rome décrypte le dossier Trump-crypto avec un prisme familier : un président qui accumule plus d'un milliard de dollars de bénéfices en actifs numériques qu'il réglemente simultanément, ravivant le spectre du conflit d'intérêts.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
635 millions de dollars en royalties liées à la memecoin de Trump, lancée avant l'investiture de janvier 2025, et plus de 500 millions issus de World Liberty Financial, selon les déclarations déposées à l'Office of Government Ethics (La Repubblica).
- 02
La sénatrice Elizabeth Warren exige que la loi crypto en cours au Sénat interdise aux élus et hauts fonctionnaires de tirer profit du secteur des cryptomonnaies, sous peine d'alimenter la « corruption flagrante » de Trump (ANSA).
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Trump a affirmé que des fonds gèrent ses placements à sa place et qu'il ne communique pas avec eux, rejetant toute accusation de conflit d'intérêts lors d'échanges avec la presse (ANSA).
ANALYSE
Rome, 2 juillet 2026. La presse italienne scrute un chiffre qui relance le débat sur les conflits d'intérêts : Donald Trump a déclaré plus d'un milliard de dollars de revenus issus des cryptomonnaies en 2025, selon sa déclaration financière déposée auprès de l'Office of Government Ethics. La Repubblica évoque une « impennata di reddito senza precedenti » — une flambée de revenus sans précédent — alimentée par les investissements massifs de la famille Trump dans les actifs numériques au cours de la première année du second mandat.
Les chiffres révèlent deux sources de revenus distinctes. D'abord, 635 millions de dollars en royalties provenant d'une entité associée à la memecoin trumpiste, lancée quelques jours avant l'investiture de janvier 2025. Ensuite, plus de 500 millions de dollars issus de la vente de tokens par World Liberty Financial, l'initiative crypto phare de la famille. Ces profits ne sont pas de simples gains théoriques : il s'agit de liquidités effectives, qui viennent s'ajouter aux revenus immobiliers, aux royalties et aux transactions judiciaires du président, selon les données citées par La Repubblica.
Face à la polémique, Trump a rejeté toute notion de conflit d'intérêts, dans des propos rapportés par l'ANSA avant son départ pour le North Dakota. « Ce sont des fonds qui gèrent mon argent. Je ne leur parle même pas », a-t-il affirmé. Il a également renvoyé ses détracteurs à la hausse générale des marchés boursiers : « Tous gagnent » dans ce contexte économique porteur, a-t-il martelé, présentant ses bénéfices personnels comme une conséquence naturelle.
La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, influente au sein de la Commission bancaire du Sénat, a réclamé une action urgente du Congrès. L'ANSA rapporte qu'elle exige que la loi crypto en cours d'examen « interdise au président, à son vice-président, aux hauts fonctionnaires et aux membres du Congrès de tirer profit du secteur crypto ». Sans cette disposition, a-t-elle prévenu, la législation ne ferait qu'« alimenter la corruption flagrante » de Trump sur les cryptomonnaies.
La presse transalpine met en lumière le calendrier : la memecoin a été lancée à la veille de l'investiture, un timing qui concentre les questionnements éthiques. En Italie, pays marqué par des décennies de controverses autour des conflits d'intérêts en politique, la situation américaine est décryptée avec une acuité particulière, même si les commentateurs s'en tiennent aux données officielles.
