Le 21 mai 2026, Donald Trump a annoncé sur Truth Social l'envoi de 5 000 soldats américains supplémentaires en Pologne. Il a justifié cette décision par sa relation personnelle avec le président polonais Karol Nawrocki, qu'il avait soutenu lors de l'élection présidentielle polonaise. L'annonce est survenue quelques jours après l'annulation ou le report par le Pentagone d'un déploiement antérieur de 4 000 soldats vers le même pays, marquant un revirement en moins d'une semaine.
Au moment de l'annonce, Washington n'a fourni aucun détail opérationnel : ni calendrier, ni provenance des troupes, ni localisation précise. Le déploiement allait à l'encontre des attentes d'un allègement de la présence américaine en Europe, dans un contexte de révision générale de la posture militaire des États-Unis sur le continent.
Cette révision est engagée depuis le début de 2026 : retrait annoncé de 5 000 soldats d'Allemagne début mai et réduction des brigades rotatives de quatre à trois. Le renforcement sélectif en faveur de la Pologne — dont les dépenses de défense atteignent 4,8 % du PIB, le niveau le plus élevé de l'OTAN — s'inscrit dans une logique où l'engagement américain semble lié à la fois à l'effort budgétaire de l'allié et à la proximité entre dirigeants. L'annonce coïncide avec un sommet des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN en Suède.
Le sens de la décision reste disputé. Certains acteurs y voient une récompense politique liée aux affinités entre Trump et Nawrocki ; d'autres, surtout sur le flanc oriental, l'interprètent comme un signal de sécurité collective, même conditionnel. Plusieurs établissent un parallèle direct entre les 5 000 soldats envoyés en Pologne et les 5 000 retirés d'Allemagne, tandis que d'autres ne font pas ce lien. La durabilité de cet engagement demeure incertaine.