ANGLE DOMINANT
Paris décrypte cette amende record comme un test de crédibilité pour le DMA autant qu'un nouveau front dans la tension commerciale transatlantique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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890 millions d'euros au total : 460 millions pour l'auto-préférence de Google Search, 430 millions pour les clauses anti-steering du Play Store (Le Monde, Sud Ouest, RFI)
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25 parlementaires républicains ont écrit à Donald Trump pour réclamer des représailles, jusqu'à la menace de nouveaux droits de douane (Sud Ouest, La Tribune)
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Selon le porte-parole de la Commission Thomas Regnier, 90 % des recherches en ligne dans l'UE passent par Google Search (RFI)
ANALYSE
Paris, 24 juillet 2026. La Commission européenne a infligé jeudi à Google un total de 890 millions d'euros d'amendes pour abus de position dominante, la sanction la plus élevée jamais prononcée au titre du Digital Markets Act (DMA), rapportent Le Monde, Sud Ouest, La Tribune, BFM Business et RFI. Le détail se répartit en deux volets : 460 millions d'euros pour avoir favorisé ses propres services — comparateurs de prix, hôtels, vols — dans les résultats de Google Search, et 430 millions d'euros pour des clauses « anti-steering » du Play Store, qui empêchaient les développeurs d'orienter leurs utilisateurs vers des offres de paiement moins chères.
« C'est une décision très importante », a affirmé la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen, insistant sur la nécessité de « garantir un terrain de jeu équitable ». Teresa Ribera, commissaire à la Concurrence, a rappelé le « devoir » de faire appliquer les lois adoptées par les institutions européennes. RFI cite le porte-parole Thomas Regnier : « 90 % des recherches en ligne dans l'UE sont effectuées via Google Search », justifiant selon lui l'ampleur de la sanction. La Tribune y voit surtout « un test de crédibilité » pour le DMA, ce règlement qui impose aux plateformes « gatekeepers » de ne pas favoriser leurs propres services.
Google a dénoncé une décision qui, selon Kent Walker, président des affaires mondiales du groupe, l'obligerait à « retirer des fonctionnalités de recherche en temps réel que les Européens apprécient » et à « démanteler des protections en matière de sécurité » sur le Play Store. Le groupe dispose de 60 jours pour se conformer.
La presse française insiste sur le risque diplomatique : Sud Ouest et La Tribune rapportent que 25 parlementaires républicains ont écrit à Donald Trump pour réclamer des représailles, jusqu'à de nouveaux droits de douane. Le Monde situe la décision dans un calendrier tendu, à quelques jours de l'anniversaire de l'accord de Turnberry, alors que la Cour suprême américaine a invalidé le mécanisme tarifaire négocié l'an dernier. Un haut fonctionnaire européen y assure que « la décision d'aujourd'hui ne surprendra pas l'administration américaine ». RFI rappelle enfin que Google est la troisième entreprise américaine sanctionnée au titre du DMA après Apple et Meta, pour des montants jusque-là inférieurs.
SOURCES (5)
- Sud OuestMOYEN
- La TribuneMOYEN
- BFM BusinessMOYEN
