ANGLE DOMINANT
Abuja hausse le ton face à Pretoria : le Sénat nigérian brandit la menace d'une rupture diplomatique pendant que les vols d'évacuation se poursuivent.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le sénateur Salihu Mustapha a appelé à « rompre toutes les relations diplomatiques avec l'Afrique du Sud » lors des débats du Sénat début juillet 2026
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Un quatrième vol d'évacuation Air Peace, avec 270 ressortissants nigérians, devait atterrir le 8 juillet à 5h à l'aéroport Murtala Muhammed de Lagos
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Le Sénat a rejeté les appels à nationaliser MTN et DStv mais exige des garanties écrites de Pretoria sur la sécurité des Nigérians et la poursuite des responsables
ANALYSE
Abuja, 9 juillet 2026. Au Sénat nigérian, le ton est monté d'un cran cette semaine face à la vague de violences xénophobes visant les ressortissants nigérians en Afrique du Sud. Une motion portée par le sénateur Asuquo Ekpeyong a relancé le débat sur l'ultimatum du 30 juin 2026, donné par des groupes d'auto-défense sud-africains exigeant le départ des étrangers sans papiers. Le sénateur Salihu Mustapha (Kwara Central) a réclamé une rupture nette : « Nous ne pouvons continuer à croiser les bras pendant que des Nigérians sont tués et leurs commerces pillés. Je propose de rompre toutes les relations diplomatiques avec l'Afrique du Sud. » L'ancien chef de la majorité, Yahaya Abdullahi, a toutefois appelé à la prudence, évoquant un possible agenda politique visant à déstabiliser le gouvernement sud-africain et rappelant l'engagement historique du Nigeria dans la lutte anti-apartheid.
La chambre haute a finalement opté pour une ligne plus mesurée : elle a rejeté les appels à nationaliser les filiales sud-africaines MTN et DStv, tout en exigeant du gouvernement fédéral des garanties écrites de Pretoria sur la sécurité des Nigérians et l'arrestation des responsables des violences, pillages et intimidations. Le sénateur Adams Oshiomhole a, lui, proposé de saisir les profits des entreprises sud-africaines - dont la banque IBTC - pour indemniser les victimes, après que la ministre sud-africaine à la Présidence, Khumbudzo Ntshavheni, a exclu toute compensation officielle, invoquant le statut informel de nombreux commerces détruits.
Sur le terrain, le gouvernement fédéral poursuit ses évacuations : un quatrième vol Air Peace, transportant 270 ressortissants, devait atterrir mercredi à 5h à l'aéroport Murtala Muhammed de Lagos, selon le ministère des Affaires étrangères. La crise dépasse déjà les seules relations bilatérales nigéro-sud-africaines : le Ghana a reporté la visite d'État du président Cyril Ramaphosa, initialement prévue en août, en invoquant le risque que les tensions n'éclipsent l'agenda bilatéral prévu entre Accra et Pretoria.
SOURCES (4)
- Punch NigeriaMOYEN
- Nigerian EyeMOYEN
- Information NigeriaMOYEN
