ANGLE DOMINANT
Addis-Abeba saisit la fondation de l'Organisation mondiale de coopération sur l'IA comme une occasion de diversifier ses partenariats technologiques, plutôt que comme un enjeu de rivalité sino-américaine.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'Éthiopie a rejoint 29 autres pays à Shanghai pour fonder la WAICO, le ministre Belete Molla signant l'accord au nom d'Addis-Abeba.
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Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a signé pour Pékin, en présence du secrétaire général de l'ONU António Guterres.
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Le Conseil des ministres éthiopien a par ailleurs fait avancer l'adhésion du pays à la Nouvelle banque de développement des BRICS, qui a déjà financé 140 projets pour 42,9 milliards de dollars.
ANALYSE
Addis-Abeba, 19 juillet 2026. Le ministre éthiopien de l'Innovation et de la Technologie, Belete Molla, a signé à Shanghai l'accord fondateur de la World Artificial Intelligence Cooperation Organization (WAICO), aux côtés de représentants de 28 autres pays. L'organisation intergouvernementale, portée par le président chinois Xi Jinping, se veut un cadre de gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle fondé sur « la consultation, la contribution conjointe et le partage des bénéfices », selon le texte de l'accord cité par l'agence Fana. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a signé pour Pékin, tandis que le secrétaire général des Nations unies António Guterres assistait à la cérémonie, renforçant la légitimité internationale de l'organisation.
Basée à Shanghai, WAICO affirme vouloir opérer « dans le respect des principes de la Charte des Nations unies » et soutenir un développement de l'IA « sûr, inclusif et équitable ». Pour Addis-Abeba, l'adhésion s'inscrit dans une trajectoire déjà engagée : le pays a lancé l'agenda Digital Ethiopia 2025 et créé un institut national dédié à l'intelligence artificielle, tout en réaffirmant cette année sa volonté de renforcer la coopération internationale sur les ressources de données et l'innovation technologique.
Cette signature n'est pas un geste isolé. Le Conseil des ministres éthiopien a par ailleurs fait avancer, sous la présidence du Premier ministre Abiy Ahmed, un projet de loi ratifiant l'adhésion du pays à la Nouvelle banque de développement des BRICS, institution qui a déjà approuvé 42,9 milliards de dollars de financements pour 140 projets. L'objectif affiché : diversifier les sources de financement des infrastructures et renforcer l'intégration financière sud-sud. La convergence des deux dossiers dessine une ligne diplomatique cohérente à Addis-Abeba, moins soucieuse de trancher entre Washington et Pékin que d'élargir méthodiquement l'éventail de ses partenariats multilatéraux, du financement du développement à la gouvernance technologique.
Aucune déclaration officielle éthiopienne ne mentionne explicitement une rivalité sino-américaine autour de l'IA. Le récit institutionnel privilégié à Addis-Abeba reste celui de la coopération internationale et du renforcement des capacités nationales, dans la continuité d'une diplomatie qui multiplie les adhésions — OACPS, BRICS, désormais WAICO — sans s'aligner ouvertement sur un camp.
