ANGLE DOMINANT
Séoul redoute que Xi ait « enhardi » Kim et complique tous ses calculs de sécurité
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La presse coréenne lit le sommet comme un Xi qui « enhardit » Kim Jong-un
- 02
La mention par Xinhua d'échanges « militaires » élargis inquiète les experts
- 03
Les éditoriaux pressent Séoul de resserrer ses liens avec Washington et Tokyo
ANALYSE
Séoul lit le sommet de Pyongyang avec une anxiété à peine voilée. Pour la presse sud-coréenne, le message est limpide : « Xi enhardit Kim Jong-un. » Le simple fait que la Corée du Nord ait été la première destination étrangère de Xi cette année est interprété comme un signal diplomatique fort, et la cérémonie d'accueil « extraordinaire » suffit, à elle seule, à marquer un jalon dans l'histoire des relations sino-nord-coréennes. Les éditoriaux pressent le gouvernement de « renforcer les liens avec les États-Unis et le Japon », car le sommet « complique les calculs de sécurité de Séoul ». Le point qui inquiète le plus les experts coréens est la mention explicite, par Xinhua, d'un renforcement des échanges dans le domaine « militaire » — une formulation « rarement mise en avant » dans les communiqués bilatéraux, et qu'un commentaire de Xinhua confirme en appelant à approfondir la coopération « en diplomatie, en maintien de l'ordre, en affaires militaires et autres ». Certains analystes y voient le signe que Pékin se concentre désormais « plus sur le contre-pouvoir face à l'influence américaine que sur la limitation des armes nucléaires nord-coréennes ». Le ministère de l'Unification prend acte de l'appel de Xi à des liens militaires élargis, tandis que Séoul réaffirme son objectif de dénucléarisation de la péninsule — un objectif que ce sommet rend, de l'aveu même des experts coréens, encore plus lointain. La presse coréenne ne masque pas l'arrière-plan : la restauration en 2024 d'une alliance de défense mutuelle entre Pyongyang et Moscou avait fait craindre à Pékin une érosion de son influence, et la visite de Xi est lue à Séoul comme une tentative de reprendre la main sur un voisin devenu, soudain, courtisé par deux grandes puissances à la fois.
