La liste des pays
Selon Ekathimerini et les travaux du Citizen Lab de l'Université de Toronto, Intellexa/Predator a été utilisé par au moins 7 États membres de l'UE. Les investigations du Parlement européen (commission PEGA) ont documenté l'usage en Grèce (où le scandale a éclaté en 2022), en Espagne, en Hongrie, en Pologne et à Chypre. Des traces ont été trouvées au Vietnam, en Égypte, en Arabie Saoudite et à Madagascar.
Pegasus version européenne
La comparaison avec Pegasus (NSO Group, Israël) est directe. Pegasus a provoqué un séisme politique en 2021 quand le Forbidden Stories consortium a révélé que 50 000 numéros de téléphone avaient été ciblés — journalistes, opposants, chefs d'État. Le président Macron, le roi du Maroc, le président du Parlement européen étaient sur la liste.
Intellexa est le même outil mais fabriqué en Europe, vendu par des Européens à des Européens. La différence juridique est majeure : NSO Group pouvait être traité comme un problème « étranger ». Intellexa est un problème domestique.
Le silence
Le Parlement européen a voté une résolution demandant un moratoire sur les spywares en 2023. Aucun État membre ne l'a respecté. Des députés européens ont demandé l'ouverture d'une enquête formelle sur Intellexa. La demande est pendante.
Le silence des médias français, allemands et italiens est troublant : si leurs gouvernements figurent parmi les clients, ils ont un intérêt direct à ne pas couvrir. Le signal est faible — couvert uniquement par Ekathimerini et Greek Reporter — mais la trajectoire est claire : de la presse grecque spécialisée vers une enquête parlementaire européenne. Horizon : 1-2 mois.