ANGLE DOMINANT
Rome mesure l'accord-cadre Israël-Liban à l'aune de ses propres engagements : l'Italie, contributrice de l'UNIFIL et cible des accusations iraniennes de 'complicité', se retrouve au cœur du dossier libanais au moment même où Meloni et Macron annoncent une coalition post-UNIFIL à Antibes.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'accord-cadre prévoit un retrait israélien limité à deux zones pilotes au nord et au sud du Litani, sans évacuation complète du territoire libanais — les FDI maintiennent leur zone de sécurité (ANSA, Adnkronos).
- 02
Meloni et Macron ont annoncé au sommet d'Antibes une coalition franco-italienne pour un mécanisme post-UNIFIL au Liban, avec une conférence internationale envisagée prochainement (La Repubblica).
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L'Iran a accusé l'Italie d'être 'complice' de la guerre américaine, après que le secrétaire général de l'OTAN Rutte a évoqué le rôle des bases alliées dans l'opération Epic Fury (ANSA).
ANALYSE
Rome, 27 juin 2026. L'accord-cadre signé à Washington entre Israël, le Liban et les États-Unis arrive au moment où l'Italie se trouve placée, malgré elle, au centre des turbulences du dossier libanais. À la suite des déclarations du secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte — selon lesquelles les alliés, "allié après allié, ont mis leurs bases à disposition" pour l'opération Epic Fury — le ministère des Affaires étrangères iranien a directement accusé Rome d'être "complice" de la guerre américaine contre la République islamique. Un contexte lourd qui donne à l'accord de Washington une résonance particulière dans la presse italienne.
Selon l'ANSA, l'intesa signée au terme d'un cinquième round de négociations directes prévoit que les forces israéliennes se retirent dans deux zones pilotes du sud du Liban, sans pour autant quitter le territoire libanais. Dans ces deux secteurs — l'un au nord du fleuve Litani, l'autre au sud — l'armée libanaise prendrait progressivement le contrôle, après une formation assurée par les États-Unis. Les résidents pourront y rentrer chez eux, ce qui n'avait pas encore été possible. Des points restent en suspens : le désarmement du Hezbollah et le tracé de la frontière terrestre entre les deux pays ne sont pas réglés.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio, cité par Adnkronos, a qualifié la signature de "premier pas" et a admis qu'"il reste encore beaucoup de travail à faire". Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué "un grand succès" et "un coup dur pour l'Iran", tout en précisant que les FDI demeureront dans la zone de sécurité au sud du Liban tant que le Hezbollah ne sera pas totalement désarmé. Libero Quotidiano note que ce retrait sera extrêmement limité : Israël n'a accepté de se retirer que de deux zones situées en dehors des limites originelles de la zone tampon établie en avril, et non du château de Beaufort reconquis en mai.
Hebollah, de son côté, a rejeté l'accord et dénoncé une "violation flagrante" du cessez-le-feu, après un raid de drone israélien ayant tué trois personnes sur la route Zawtar Sharqiye-Mayfadun, selon l'ANSA. Sur le terrain, Internazionale livre un reportage depuis Tiro, dans le sud du Liban : des habitants comme Nour Khaled, 73 ans, trouvent leurs immeubles partiellement détruits par les frappes israéliennes de la deuxième semaine de juin, et attendent "la stabilité" pour décider de l'avenir.
C'est dans ce contexte que le sommet franco-italien d'Antibes prend toute son importance pour Rome.
SOURCES (5)
- AdnkronosMOYEN
- Libero QuotidianoMOYEN
- InternazionaleMOYEN
