ANGLE DOMINANT
Stockholm mesure prudemment la portée de l'accord-cadre signé à Washington : un texte fondateur dont les lacunes — retrait partiel, rejet du Hezbollah, maintien des violences — limitent la promesse de paix.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'accord-cadre a été signé à Washington par les ambassadeurs israélien (Yechiel Leiter) et libanais (Nada Hamadeh), qualifié de « début du début » par le secrétaire d'État Rubio
- 02
Netanyahu conditionne le retrait israélien au désarmement du Hezbollah ; le mouvement rejette l'accord et avertit d'un risque de guerre civile au Liban
- 03
Des violences ont persisté pendant les négociations : trois personnes tuées par drone israélien jeudi, sept autres le vendredi selon l'armée israélienne
ANALYSE
Stockholm, 27 juin 2026. Pour la presse suédoise, l'accord-cadre signé vendredi à Washington entre Israël, le Liban et les États-Unis constitue un jalon historique, mais dont la solidité reste à démontrer. Aftonbladet et Svenska Dagbladet couvrent l'événement en détail, insistant sur la fragmentation des positions entre les parties et sur la distance qui sépare ce premier texte d'une paix durable.
La cérémonie de signature s'est tenue à Washington en présence des ambassadeurs des deux pays : Yechiel Leiter pour Israël et Nada Hamadeh pour le Liban. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a qualifié l'accord de « première étape » vers la paix, avant d'ajouter sobrement : « C'est le début du début. Beaucoup de travail reste à faire. » Cette formulation, reprise par les deux grands quotidiens suédois, donne le ton d'une couverture qui salue le geste sans céder à l'optimisme.
Les négociations directes entre les deux gouvernements, inédites depuis les années 1990, ont débuté en avril sous médiation américaine. Elles ont failli échouer : la session, initialement prévue sur trois jours, a dû être prolongée en raison d'un blocage sur le calendrier du retrait de l'armée israélienne (IDF). Selon les médias israéliens cités par Aftonbladet, les forces israéliennes reconnaissent la nécessité de se préparer à un retrait, mais l'IDF n'a pas encore précisé quelles zones seront effectivement remises à l'armée libanaise.
Le premier ministre Benjamin Netanyahu a posé ses conditions publiquement : Israël restera dans la « zone tampon » du sud du Liban « tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé ». Le Liban, de son côté, réclame un retrait complet de l'ensemble du territoire libanais. Le premier ministre libanais Nawaf Salam a décrit l'objectif de l'accord comme « le retrait d'Israël de tout le territoire libanais », la restauration de la souveraineté nationale, le retour des déplacés et la reconstruction du pays.
L'accord contient également un volet politique sensible : le Liban s'engagerait à contrer l'influence iranienne exercée via le Hezbollah. C'est précisément sur ce point que la milice chiite a rejeté le texte. Hassan Fadlallah, représentant politique du Hezbollah au parlement libanais, a affirmé que le gouvernement libanais ne pourrait pas mettre en œuvre cet accord « sans, avec le soutien américain, avancer vers une guerre civile ».
Par ailleurs, les deux journaux rappellent que la violence a persisté en dépit du cessez-le-feu formel en vigueur depuis la mi-avril. Israel a poursuivi des frappes sporadiques contre ce qu'il présente comme des cibles du Hezbollah.
