ANGLE DOMINANT
Pékin décrypte l'accord Washington-Téhéran comme le signe d'un affaiblissement stratégique américain, tout en appelant à des négociations rationnelles et pragmatiques pour la phase suivante.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le porte-parole Lin Jian a déclaré que le MoU 'revêt une signification positive' et que 'la force ne résout pas les problèmes, la négociation égale est le bon choix'.
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Selon l'analyste Niu Xinchun (Université de Ningxia), Washington a fait 'davantage de concessions' parce qu'il est 'plus désespéré de se désengager de la guerre'.
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Un sondage CGTN indique que 90,8 % des répondants estiment que les États-Unis ont échoué à atteindre leurs objectifs stratégiques, et 93,4 % pensent que le conflit accélère le déclin de l'influence américaine.
ANALYSE
Pékin, 20 juin 2026. Alors que les pourparlers entre Washington et Téhéran prévus en Suisse ont été reportés vendredi — la Suisse confirmant que les négociations « n'auraient pas lieu » tout en précisant que « les travaux préparatoires pertinents » se poursuivaient — la Chine adopte une lecture à deux niveaux : saluer l'accord de principe, tout en en tirant des conclusions sur le déclin de la puissance américaine.
Le protocole d'accord (MoU) avait été signé numériquement mercredi par les présidents Donald Trump et Masoud Pezeshkian lors du G7 à Versailles, en présence d'Emmanuel Macron. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé, avait annoncé l'entrée en vigueur immédiate du texte en 14 points : l'Iran rouvrait le détroit d'Ormuz, les États-Unis levaient leur blocus naval. Mais le report du round technique du 20 juin — provoqué par les frappes israéliennes au Liban et la suspension par Téhéran du départ de sa délégation — illustre la fragilité de cet équilibre.
Du côté chinois, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Lin Jian a fixé la ligne officielle dès jeudi : le MoU « revêt une signification positive pour apaiser les tensions et consolider l'élan vers un cessez-le-feu ». Pékin espère que les deux parties aborderont la deuxième phase avec « une attitude rationnelle et pragmatique » et se feront « des concessions mutuelles ». La formule « la force ne résout pas les problèmes, la négociation égale est le bon choix » résume le positionnement chinois.
Mais c'est l'analyse de Niu Xinchun, directeur de l'Institut de recherche Chine-monde arabe à l'Université de Ningxia, qui offre la lecture la plus tranchée. Selon lui, « en apparence, les États-Unis ont fait davantage de concessions, principalement parce que Washington est plus désespéré de se désengager de la guerre ». Ce cadrage — Washington concède par faiblesse, non par générosité — structure une large partie du commentariat chinois sur le dossier.
Cette lecture trouve un écho dans un sondage mondial publié par CGTN : 90,8 % des répondants estiment que les États-Unis ont « échoué à atteindre leurs objectifs stratégiques » dans ce conflit, et 93,4 % considèrent que la guerre « accélère encore le déclin de l'influence américaine au Moyen-Orient ». La méthodologie de l'enquête n'est pas précisée, mais sa mise en avant par CGTN illustre le récit que Pékin cherche à diffuser.
Dernière ligne de fracture suivie de près par la presse chinoise : le fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars pour l'Iran. Le South China Morning Post souligne l'ambiguïté du texte sur la répartition des contributions. Trump a rapidement pris ses distances avec toute responsabilité financière directe de Washington, contredisant le vice-président J.D.
