ANGLE DOMINANT
Islamabad retient de ces dépêches sud-africaines une leçon sécuritaire familière : une prolifération d'armes illégales que ni la traque policière ni les urnes de novembre ne semblent capables d'endiguer.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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17 morts et 15 blessés à Wedela, où huit hommes armés d'AK-47 et de pistolets ont attaqué une taverne vers 21h30 samedi, avant d'incendier deux véhicules
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10 morts et 11 blessés à Lwandle, près du Cap, dans un commerce de grillades vers 2 heures du matin dimanche, quatre heures après la première attaque
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L'expert en criminalité Yusuf Abramjee, cité par Reuters, appelle les autorités à enquêter sur « les réseaux plus larges derrière la violence », au-delà des auteurs directs
ANALYSE
Islamabad, 28 septembre 2026. Les agences pakistanaises reprennent en fin de semaine le bilan sanglant de l'Afrique du Sud : 27 morts en quelques heures, dans deux fusillades distinctes près de Johannesburg et du Cap. Selon les dépêches reprises par Business Recorder et ARY News, huit hommes armés de fusils AK-47 et de pistolets ont ouvert le feu vers 21h30 samedi dans une taverne du township de Wedela, à 80 km au sud-ouest de Johannesburg, tuant 17 personnes — treize hommes et quatre femmes — et en blessant 15 autres. Les agresseurs ont fouillé des clients, pris leurs téléphones, incendié deux véhicules avant de fuir dans deux voitures non identifiées. Quatre heures plus tard, vers 2 heures du matin dimanche, dix personnes ont été tuées et onze blessées dans un commerce vendant des grillades à Lwandle, près du Cap. Aucune arrestation n'avait été annoncée dimanche, la police ayant mobilisé « une équipe de détectives et d'unités spécialisées » pour retrouver les auteurs.
La presse pakistanaise retient surtout la dimension structurelle du problème : selon l'expert en criminalité Yusuf Abramjee, cité par Reuters, « l'Afrique du Sud a un sérieux problème d'armes à feu illégales », fréquemment utilisées par des groupes criminels organisés. Il appelle les autorités à « regarder les réseaux plus larges derrière la violence », plutôt que de se limiter à l'enquête sur les auteurs directs. Les dépêches rappellent qu'avec environ 60 personnes tuées chaque jour, l'Afrique du Sud affiche l'un des taux d'homicides les plus élevés au monde, et que ces fusillades interviennent cinq jours après une autre tuerie ayant fait au moins 11 morts près de Durban. En mars, des soldats avaient déjà été déployés dans les zones à risque de Johannesburg, la criminalité étant qualifiée par le président Cyril Ramaphosa de « l'une des plus grandes menaces » pour le pays. Les articles notent aussi l'enjeu électoral : la criminalité devrait peser lourd lors des élections municipales de novembre, où le Congrès national africain fait face à une érosion supplémentaire de son soutien. Ramaphosa a promis que les forces de sécurité « mettraient tout en œuvre » pour faire reculer la violence — une formule que la presse pakistanaise rapporte sans commentaire, laissant les chiffres parler.
