ANGLE DOMINANT
Islamabad décrypte la rupture algéro-émiratie comme l'aboutissement d'une accusation d'ingérence que le président Tebboune formulait déjà l'an dernier sans nommer les Émirats, avant qu'Alger ne ferme son espace aérien et ne donne 48 heures à l'ambassadeur émirati pour partir.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le ministère algérien de la Défense ferme l'espace aérien algérien aux appareils civils et militaires émiratis dès minuit le 11 septembre 2026, sauf pour les vols commerciaux vers Houari-Boumédiène jusqu'à fin 2026.
- 02
L'ambassadeur émirati a été convoqué et s'est vu donner 48 heures pour se conformer à la rupture, Alger invoquant des « actions provocatrices ou hostiles » sans les détailler.
- 03
Le président Tebboune avait averti l'an dernier, sans nommer les Émirats, qu'un pays interférait dans les affaires intérieures algériennes et cherchait à la déstabiliser.
ANALYSE
Islamabad, 12 septembre 2026. La presse pakistanaise retrace la rupture annoncée jeudi 10 septembre 2026 par Alger comme l'aboutissement d'une mise en garde que le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait formulée l'an dernier, sans jamais nommer les Émirats arabes unis, évoquant un pays « interférant dans les affaires intérieures » de l'Algérie et cherchant à la « déstabiliser ». Le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur émirati, lui a notifié la décision et lui a donné 48 heures pour s'y conformer, invoquant une série d'« actions provocatrices ou hostiles » de la part d'Abou Dhabi, sans en préciser la nature, après avoir, selon ses termes, « épuisé tous les moyens de préserver les relations bilatérales ».
Le ministère algérien de la Défense a ensuite annoncé la fermeture de son espace aérien, dès minuit le 11 septembre 2026, à tous les appareils civils et militaires immatriculés aux Émirats, à l'exception des vols commerciaux émiratis desservant l'aéroport Houari-Boumédiène d'Alger, tolérés jusqu'à l'expiration de leur contrat fin 2026. La mesure prolonge une procédure engagée en février, quand l'Algérie avait entamé l'annulation d'un accord aérien bilatéral signé en 2013.
Côté émirati, Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président, a répondu sur X sans citer l'Algérie, plaidant pour une diplomatie fondée sur « la rationalité, la communication et la clarté des intérêts », plutôt que sur « des énigmes et des signaux à décoder ». Les médias pakistanais notent que les deux capitales campent sur des positions opposées de longue date : Alger soutient le Front Polisario au Sahara occidental, tandis qu'Abou Dhabi appuie la souveraineté marocaine sur ce territoire et a normalisé ses liens avec Israël en 2020. Le Sahel, où les intérêts émiratis se sont étendus alors que les relations algériennes avec ses voisins du sud se tendaient après plusieurs coups d'État, est cité comme terrain de friction croissante.