Entre le 4 et le 8 juin 2026, trois entreprises technologiques américaines lancent presque simultanément ce qui s'annonce comme la plus grande vague d'introductions en Bourse de l'histoire du secteur. Anthropic a déposé son dossier d'IPO le 5 juin en visant une valorisation au trillion de dollars. SpaceX, déjà valorisée à plus de 400 milliards, est sursouscrite deux fois et a signé un contrat de 30 milliards avec Google, dont 920 millions par mois de capacité de calcul. OpenAI prépare de son côté la transformation de ChatGPT en « superapp » avant sa propre cotation.
Le point le plus commenté tient à un paradoxe : au moment même de son dépôt, Anthropic publie un appel à une pause mondiale coordonnée du développement de l'IA, invoquant des « risques immenses » liés à l'autonomisation des systèmes. La séquence se déroule alors que des responsables politiques américains discutent d'une participation publique au capital de ces entreprises, qu'il s'agisse de l'administration en place ou d'une proposition de fonds souverain confisquant une part du capital d'OpenAI et d'Anthropic.
Les enjeux dépassent la finance. La Chine et Hong Kong sont écartées de l'IPO de SpaceX pour raisons de sécurité, tandis que la Corée du Sud, Singapour et l'Inde se positionnent comme alternatives ; l'Inde annonce un vaste plan d'investissement dans ses datacenters. L'accès aux titres se réorganise, y compris par des canaux tokenisés contournant les cadres réglementaires habituels.
Plusieurs lectures s'opposent. Certains acteurs prennent l'alerte sur les risques au sérieux et attendent une réponse réglementaire ; d'autres y voient surtout une opportunité financière et industrielle, ou un terrain de souveraineté à conquérir par l'infrastructure. Le degré de sincérité de l'appel à la pause, son articulation avec la course aux valorisations et la répartition de l'accès au capital restent les principaux points disputés.